10.7 L'OUVERTURE À 1SA

Retour au plan
Retour au système d'enchère
Retour à Ouverture à 1 en majeure
Suite à 1SA faible

Voir à la fin de ce chapitre une défense lorsque le 1SA de la paire est suivi d'une intervention adverse.

La main de SA est une main dite "carrée", ou balancée, en ce sens que sa distribution est neutre : pas de couleur cinquième, sauf possiblement une mineure cinquième, à condition que le reste de la main soit (332). Autrement , la distribution sera (4333) et (4432). On ouvrira 1SA aussi les mains avec une faible majeure cinquième et (332) ailleurs, et les points de l'ouverture à 1SA. Surtout avec cinq faibles coeurs, afin d'empêcher la surenchère à 1. Quant au registre, vous en trouverez toutes sortes pour l'ouverture à 1SA : en partant du bon vieux 16-18 (j'ai même vu 16-19), en passant par 15-18, 15-17 (le plus employé dans les clubs), 14-16 aux allures assez sophistiquées, 14-17, 13-15 (surtout par les amateurs de l'ouverture à 1 impératif), 12-14 ou 11+ -14, propres à la philosophie du système de Kaplan et Sheinwold, à moins que, comme certains, vous n'optiez pour un 12-15 légèrement plus sécuritaire, jusqu'au "Kamikaze" 10-12, qui, à l'origine, vers 1975, se définissait comme 9-12, jusqu'à ce que l'ACBL interdise l'ouverture à 1SA avec 9 points (à moins de ne pas employer la convention Stayman).

 Nous supposerons ici une ouverture de 1SA à 15-17. De toute façon, si on joue une autre ouverture forte (15-17 ou 16-18), on n'a qu'à effectuer la légère correction qui s'impose pour ce qui est du nombre de points requis pour une réponse ou une invitation.

Pour le cas où vous seriez un néophyte, il convient de définir certaines notions, dont Stayman. Cette convention désigne l'emploi d'une réponse de deux en mineure (quelquefois, comme dans le système que j'explique ici, d'une seule des deux mineures) pour demander au partenaire s'il n'aurait pas une majeure quatrième. L'idée de Sam Stayman s'avère géniale de simplicité : puisque le sans atout vaut 40-30-30-..., et les majeures 30 par levée, pourquoi jouer en mineure sur une ouverture à SA? Car, ou bien nous avons un fit en mineure, et nous le jouerons plus probablement à SA, ou bien nous n'avons pas de fit (disons 5-2, l'ouvreur à SA ayant par définition au moins deux cartes dans chaque couleur pour son ouverture), et alors, pourquoi jouer dans la dite couleur ? Utilisons donc la réponse de 2, conclut Stayman, pour procéder à un questionnement plus stratégique : partenaire, quelle est ta distribution en majeures ? Soit :
 
 

1SA – 2

2 : pas de majeure quatrième. Il n'a pas nécessairement de carreau; l'ouvreur ne fait que répondre à
la question du répondant : non, je n'ai pas de majeure quatrième. Il pourrait même être court à carreau avec 3325 ou 3334.

2 : quatre coeurs, peut-être piques.

2 : pas quatre coeurs, mais quatre piques.

L'exemple suivant illustre la convention Stayman :

OUEST              EST

R96        V3
AD42                  Rd53
AV5        DV9
R83        D764

1SA                     2
2                       3
4

La séquence s'avère très claire : "Partenaire, tu as 15-17 balancé; as-tu une majeure quatrième ? – Oui, j'ai quatre coeurs (et peut-être quatre piques). – Alors, je t'invite à la manche à . – J'accepte ton invitation, car je suis maximum, ayant ouvert 1SA avec 17 points."

Voilà, en principe, les seules alternatives du déclarant sur la réponse de 2 Stayman. En effet, le répondant pourrait tenir une main nulle avec une distribution spécifiquement 4441, entendant alors passer n'importe laquelle des trois clarifications données par l'ouvreur. La théorie se trouve ici pleinement satisfaite. Il ne faut pas oublier, par contre, le caractère statistique du bridge.

 Cette occurrence est fort rare. En un quart de siècle de bridge, elle ne m'est arrivée qu'une fois. En effet, même si votre partenaire ouvre de lSA et que vous ayez la main dont il s'agit ici, votre adversaire de droite interviendra souvent.

1SA – 2
2 – 2SA : passe si tu es minimum; va à la manche avec un maximum.
 

1SA – 2
2 – 2Maj : cinq cartes dans cette majeure et quatre dans l'autre. Fermeture. En effet, vous n'avez pas les points pour aller à la manche devant 15-17. Vous pourriez n'avoir aucun point. Vous répondez alors quand même Stayman pour jouer dans un contrat moins mauvais.
 

1SA – 2
2 – 3Maj : j'ai quatre cartes dans cette majeure, cinq dans l'autre. FM (forcing de manche). Il s'agit de la convention Smolen (ou Blond Relays, Blond et Smolen ayant créé parallèlement cette convention). Afin de permettre à la main forte, celle de l'ouvreur à 1SA,, de jouer le contrat dans la majeure cinquième du répondant.

1SA – 2
2 – 2 : je n'ai pas quatre coeurs, mais j'ai quatre piques. Invite. S'il a une main entre le minimum et le maximum, et les deux majeures quatrièmes, l'ouvreur, tout comme dans la séquence 1SA– 2 –2 – 2Maj–3Maj, peut céder à son partenaire le capitanat de l'équipe en redemandant 3. "Partenaire, selon la qualité de ton invitation, va à la manche à  ou passe." En somme, "Quelle est la force de ta main?"

1SA–2
2 –3 : fit. Invite.
 
 

1SA–2
2–3: fit. Invite.

Un de mes partenaires, français d'origine, m'a indiqué qu'en France, plusieurs joueurs, sur le Stayman de leur partenaire, précisent qu'ils ont les deux majeures avec un minimum par 3 et par 3 s'ils sont maximum. L'avantage de cette méthode réside dans la possibilité pour la main de sans atout de jouer le contrat. En effet, le répondant annonce l'autre majeure; s'il a les deux, il redemande 4 , ou alors 3 sur 3 s'il est lui aussi minimum. Dans les deux cas, l'ouvreur place le contrat en majeure. Le prix à payer réside dans la perte de l'enchère de 3Min pour annoncer une main de sans atout avec une mineure cinquième. Il demeure cependant que cette annonce est peu pratiquée, voire omise complètement par plusieurs. C'est affaire de style. Et de mémoire : mon expérience de la table de bridge me suggère assez fortement que plusieurs joueurs oublieraient assez souvent cette convention et prendraient la dite annonce comme représentant une mineure cinquième.

On peut employer aussi une réponse de 2 sur une ouverture de 1SA comme Stayman forcing de manche. Ce qui permet d'explorer en toute quiétude, et à un niveau bas, dans les cas où on songerait au chelem – pourvu que votre partenaire ne soit pas trop distrait et vous passe un cuebid en pleine figure ... Il reste que le 2 Stayman impératif de manche s'emploie peu avec le "gros" sans atout (15-17, 15-18, 16-18). Voir plus loin les transferts Jacoby.

Depuis quelques années, deux innovations fort valables ont vu le jour dans le bridge duplicate : le Stayman artificiel et les transferts Jacoby.
 

Le Stayman artificiel : votre partenaire ouvre à 1SA et vous avez les valeurs pour inviter, avec une main carrée. La réponse normale serait 2SA. Cette réponse servira maintenant à un relais pour les mineures. Ce relais en mineure peut prendre plusieurs variantes. Soit que 2 serve de relais à trèfle et 2SA à carreau. Ou encore, l'une des deux enchères montre les deux mineures alors que l'autre n'en montre qu'une, à déterminer. Autre axe variable : certaines paires jouent ce relais en mineure(s) comme barrage; d'autres, comme barrage et mieux – la main du répondant, dans ce deuxième cas, est illimitée. En somme, pourquoi gaspiller la réponse à 2SA alors que la réponse de 2, même sans majeure, ferait tout à fait l'affaire ?! Car, pourvu qu'on veuille sortir des sentiers battus du conformisme et pousser l'audace jusqu'à réfléchir, on se rend compte qu'il ne peut rien arriver de néfaste dans cette conjoncture. Examinons chaque cas :

 

1SA–2
2 –2SA : partenaire, j'ai zéro, une, ou deux majeures quatrièmes. Mais comme tu n'en as pas, ça n'a plus d'importance. Sinon de produire peut-être de la confusion chez les adversaires.

 

1SA–2
2 –2SA : je n'ai ni quatre coeurs  ni quatre piques, et je t'invite. A remarquer qu'il n'y a pas si longtemps, le déclarant, avec les deux majeures, répondait d'abord 2 sur 2. La raison en est simple à la réflexion : comme l'enchère de 2 chez le répondant promettait nécessairement une majeure, le déclarant, avec les deux majeures, pouvait retourner à 3 ou 4 , selon la force de sa main, après 1SA–2 –2 –2SA, assuré de trouver un fit. C'était en effet plus qu'une assurance, c'était une enchère fonctionnelle : c'était toujours le déclarant, c'est-à-dire la main forte, qui jouait le contrat en majeure. Mais à partir du moment où 2 Stayman peut ne pas contenir de majeure quatrième, on ne peut plus utiliser le dit style, à cause du danger de perdre les coeurs, puisque dans la séquence 1SA–2 –2 –2SA, le déclarant ne sait pas si son vis à-vis possède quatre coeurs. Le traitement qui consiste dans la redemande de 2 par l'ouvreur lorsqu'il possède les deux majeures a de toute façon été abandonné, même par les joueurs qui ne pratiquent pas le Stayman artificiel.

 

1SA–2

2 –2SA : j'ai peut-être quatre coeurs, peut-être pas, mais ça n'a plus d'importance puisque tu as nié implicitement avoir quatre coeurs... On remarquera un avantage additionnel de cette séquence : l'entame s'avère plus difficile à cause de l'incertitude adversaire sur le contenu à  coeurdu répondant. "Le répondant peut-il avoir quatre  coeurs?". Vous jouirez en répondant ingénument : "Peut-être que oui, pi peut-être que non...".

 En terminant ces notes sur le Stayman artificiel, il convient de dire un mot de la convention Weisberger. En fait, on pourrait l'employer aussi sans jouer le Stayman artificiel. Cette convention nous permet de déclarer 5-5 en majeures de la manière suivante :
 
 

1SA – 2

2 – 3 : si le déclarant possède une majeure, pas de problème, nous avons un fit 5-4! Le seul problème survient si le déclarant n'a pas de majeure quatrième. Je lui montre donc mes majeures 5-5 par 3 . J'ai une main invitationnelle ou mieux. Avec un minimum, le déclarant annoncera sa majeure à trois cartes, que je passerai, ou pousserai à la manche, ou alors j'amorcerai les cuebids vers le chelem – selon la force de ma main. Avec un maximum, le déclarant demande la manche dans sa majeure à trois cartes, et le répondant passe ou cuebide. Lorsque le répondant, par la nature de sa main, sait qu'il faut être à la manche ni plus ni moins, il répondra 4 et non 3 . C'est une façon de dire à l'ouvreur : "Ne donne pas de renseignements aux adversaires en leur montrant que tu es minimum ou maximum; demande la manche tout de suite, c'est notre contrat final." Cette convention s'appelle Weisberger.
 
 

Les transferts Jacoby : Oswald Jacoby, expert américain mort en 1997, se dit un jour qu'il faudrait inventer un système pour que la main d'ouverture à 1SA, présumément la main la plus forte, joue le contrat devant une majeure cinquième chez le répondant – il est préférable que la main forte reste cachée afin de soustraire le plus d'information à la défense, et aussi pour que la main forte, avec ses "fourchettes" (RV, AD, etc) reçoive l'entame au lieu d'être traversée par elle. Il existe une deuxième raison pour l'emploi des transferts Jacoby : une fois identifiée la longue chez le répondant, toute nouvelle couleur par celui-ci devient impérative pour un tour. Je possède donc alors un instrument pour créer des séquences impératives, ce qui permet une exploration plus efficace. C'est pourquoi plusieurs paires jouant le SA faible emploient les transferts, même s'ils perdent quelquefois l'avantage de faire jouer la main forte. En effet, l'ouvreur possède moins souvent cette main forte qu'avec l'ouverture du gros SA. Jacoby créa donc les transferts qui portent son nom : une réponse de 2 demeure Stayman, et le seul Stayman en réponse directe à l'ouverture à 1SA, invitationnel ou mieux; 2 montre cinq coeurs alors que 2 indique cinq piques. En somme, ces deux réponses révèlent la possession de la couleur au-dessus de l'enchère. Soit :

1SA–2 : 5+ coeurs, faible ou mieux.

1SA–2 : 5+ piques, faible ou mieux.

1SA–2

2 : l'ouvreur annonce 2 même s'il n'a que deux cartes dans cette couleur. Au pire, le répondant passera et l'équipe jouera dans un fit de 5-2, contrat aussi valable sinon légèrement meilleur que 1SA.
 
 

1SA – 2

2 – 2SA : si le répondant annonce SA après avoir amorcé une séquence de transfert, il indique la possession d'exactement cinq cartes (2SA : cinq invitationnel à la manche; 3SA : pour jouer là si le déclarant n'a que deux ; autrement, il demandera 4).
 
 

1SA – 2
2 – 3 : six coeurs, invite.
 
 

1SA – 2
2 – 4 : p.j.,... sauf qu'on peut se demander pourquoi le répondant n'a pas annoncé 4 tout de suite (ou 4 , si la paire joue les transfert Texas, c'est-à-dire au niveau de 4). En effet, il y a anguille sous roche. Le répondant procède comme il le fait pour indiquer un modeste essai de chelem : "Partenaire, si tu es maximum, on peut raisonnablement explorer vers le chelem, quitte à s'arrêter à 5 ."
 
 

1SA – 2
2 – autre couleur : invitationnel ou mieux. Couleur naturelle, impérative pour un tour. Si le déclarant redemande la majeure au niveau de 3, ici 3 , il affirme que l'annonce de cette couleur chez le répondant n'améliore pas son minimum. Cependant, certaines paires jouent cette séquence comme FM. J'estime incorrecte cette variante. D'une part, parce que la révélation d'une couleur secondaire, quatrième ou mieux, peut être la seule façon intelligente d'évaluer le potentiel de manche; d'autre part, parce que, avec une main qui veut de toute façon se rendre à la manche (et dont la deuxième couleur constitue par avance un cuebid vers le chelem, quitte à ce que l'ouvreur le comprenne par les enchères subséquentes), vous n'aurez de toute façon aucun problème. En fait, le traitement de la deuxième couleur après le transfert Jacoby comme impératif de manche constitue un exemple à l'état pur d'une réflexion boiteuse. Le principe que ces joueurs ignorent ici s'avère important : IL FAUT DISTRIBUER SES ENCHÈRES D'UNE MANIÈRE OPTIMALE. Le corollaire majeur de ce principe devrait sauter aux yeux : IL IMPORTE DE NE PAS GASPILLER D'ENCHÈRES. C'est ce qu'on fait lorsque l'on annonce une couleur secondaire alors qu'on avait déjà décidé d'aller à la manche. Utilisons l'enchère pour une investigation significative !

1SA – 2
2 – 4: demande d'as ? On peut décider qu'il en soit ainsi. Mais cette réponse serait mieux employée comme signifiant un splinter bid, soit une courte à , un fit à , avec des idées de chelem. Pour demander les as, voir un peu plus bas.
 

1SA – 2
2 – 4SA : quantitatif."Partenaire, je n'ai que 5 , mais nous devrions être à 6SA si tu es maximum." Pour demander les as, voir ce qui suit. Mais ceci est affaire d'entente entre les partenaires. Certaines paires jouent ce 4SA ici comme demande d'as.
 
 

1SA – 2
2 – 5 : super-Gerber. Puisque le double saut à 4 indique une courte à , et que 4SA est quantitatif, 5 demande les as. Le danger ? Quel danger ? Sur 5, 5 montre absence d'as, 5 un as. Dans ces deux cas, nous jouerons à 5 . Avec deux as chez le répondant (5 ), je devrais appartenir au chelem dans cette séquence. Cela dit, super-Gerber s'avère très peu utilisé, pour des raisons de mémoire ou d'ignorance.
 

1SA – 4 : Gerber. Demande d'as. Sur cela, 4 montre zéro ou quatre as (Étant donné la force des deux mains, il ne peut y avoir d'ambiguïté; cela, afin d'éviter de devoir répondre 5 avec quatre as, ce qui amènerait une enchère de 5 , dont le déclarant ne saurait peut-être pas si elle est pour jouer ou pour demander une dame (possible dans le cas où on ouvre 1SA 16-18). Entendu alors que le répondant demande les rois par 5, car il se pourrait que 4SA soit le meilleur contrat, après avoir entendu l'ouvreur révéler son nombre d'as.

 Faisons le point grâce au test suivant. Votre partenaire a ouvert 1SA. Vous jouez les transferts Jacoby et le Stayman artificiel. Que répondez-vous avec chacune des mains suivantes ?
 

  1)

D63
RV4
Vd87
V92

 

2)

AR87643
R9

DV52

 

3)

54
98743
62
8763

 

4)

AD963
D9
62
V754

 

5)

Vd5
AR9
D643
V87

 

6)

AR74
DV653
98
52

 

1) N'oubliez pas que, dans la conjoncture de cet exercice, vous jouez le Stayman artificiel. Ne répondez pas 2SA, qui serait un transfert à  (ou autre chose, selon votre paire); passez par 2, et sur n'importe quelle annonce de votre partenaire, vous redemanderez 2SA

2) il y a ici une forte odeur de chelem, voire de grand chelem. Commencez par transférer à pique (répondez 2 ), puis, sur le 2 de l'ouvreur, sautez à 4 , essai de chelem avec une courte à carreau et garantissant au moins 6 piques (l'ouvreur à sans atout a au moins deux piques : le fit est assuré). Même s'il décourage l'exploration vers le chelem, redemandez 5 , indiquant l'absence (ou l'as singleton)

3) ne passez pas. Vous serez en meilleure position à 2 dans un fit 5-2 qu'à 1SA. Donc : 2

4) 2 , bien sûr ; sur 2 de l'ouvreur, annoncez maintenant vos trèfles – à moins que votre paire ne joue cette séquence comme impérative de manche, ce qui, comme expliqué plus haut, me semble être un traitement moins valable que l'expression d'une main invitationnelle et mieux

5) ne vous pourfendez pas en transfert. Fermez à 3SA. Ce problème provient d'un souci pédagogique : j'ai trop souvent remarqué que les élèves, lorsqu'on leur enseigne une convention, veulent l'employer à toutes les sauces; j'ai même vu un transfert dans ... une couleur à trois cartes ! Un transfert suppose 5 cartes.

6) Employez Smolen. Vous commencez donc par répondre (Stayman). Si l'ouvreur indique une majeure quatrième, pas de problème, vous avez un fit. S'il nie une majeure quatrième (il gage 2. Si vous utilisez le transfert dans votre couleur cinquième, vous pourriez vous retrouver à jouer 3SA alors que l'ouvreur a deux cartes de votre majeure à 5 et un fit 4-4 dans l'autre majeure. Donc, 2, et, si l'ouvreur redemande 2 , allez-y de 3, votre majeure quatrième. C'est l'équivalent d'un transfert à coeur. Car si votre partenaire n'a pas de majeure quatrième, il y a de bonnes chances qu'il ait 3 cartes en majeures. Mais s'il n'a que 2 coeurs dans la présente séquence, il demandera 3SA. Comme quoi Smolen s'avère parfaitement sûr.

Il convient d'apporter une précision. On peut, avec des mains faibles, faire un transfert au niveau de 4 : ça s'appelle les transferts Texas (A noter que les Français n'utilisent pas le terme "transfert Jacoby" : tout transfert, au niveau de 2 aussi bien qu'au niveau de 4, est un "Texas" en France). Attention, cependant, à la mémoire. Il y a quelques années, notre équipe de quatre avait perdu un important match... parce que votre serviteur avait oublié que 1SA–4 était un transfert !...Nous avons donc joué à 4 dans un fit 2-1! Il faut le faire! Vous n'avez pas vécu si vous n'avez jamais joué dans un fit 2-1... Il m'est même arrivé, après une spectaculaire mésentente d'enchères, de jouer à 4 dans un fit 1-0 !... Et, comme me l'a rappelé avec humour mon partenaire à cette partie, le sympathique Michel Morin, ce n'était pas si pire,car les atouts adversaires cassaient 6-6!...
 
 

Donc, les transferts Texas : 1SA–4 : pour jouer à 4

1SA– 4 : pour jouer à 4.

Certains poussent même le raffinement à l'utilisation de 1SA– 4 pour indiquer une main très faible et très offensive en mineure. Par exemple : 4 – 986542 D65432. Enchère sécurisante, logique, qu'il convient d'adjoindre à son arsenal... mais dont l'emploi est tellement rare...Ce n'est pas à cause de bébelles du genre qu'on gagne des matchs. Plus vous investissez d'énergie dans les bébelles, moins il vous en reste pour compter les cartes, exercer le meilleur jugement dans les enchères, établir le meilleur plan de jeu, etc. Il reste que le transfert Texas constitue une enchère objectivement profitable.
 
 

Il faudrait dire un mot ici du transfert sud-africain. Après l'ouverture de 1SA, une réponse de 4 est un transfert à , et une réponse de 4 transfère à . Cette méthode souffre d'une carence évidente : vous perdez 4 Gerber (i.e., la demande d'as). Mais, pour une perspective plus complète, on verra ailleurs la relation avec la convention Namyats.

Apportons ici une précision importante. Elle concerne les refus de transfert. En principe, le répondant qui amorce une séquence de transfert peut avoir de la pourriture (par exemple 65432 32 432 432 appellera une réponse de 2 sur l'ouverture d'1SA), si bien que le contrat de 2 est déjà assez haut dans cette situation. Mais le bridge est un jeu statistique. Il y a des mains, plus nombreuses, qui ne pourront inviter à la manche parce que trop faibles, mais alors que la manche est possible devant une main d'ouverture super-maximale. C'est en prévision de cette conjoncture qu'on a créé les refus de transfert. L'ouvreur refuse le transfert s'il possède la main de rêve : quatre atouts, un maximum de points et, sur l'ouverture du SA fort, trois as.

 Ce refus se réalise en annonçant dans un doubleton : j'opérerai le refus de transfert en annonçant 3 avec AR84 A75 AD96 83 après 1SA–2 :"Partenaire, je suis au maximum de mon ouverture à 1SA, j'ai quatre piques avec toi, et j'ai doubleton trèfle." Le répondant pourra demander la manche avec aussi peu que Dxxxx Rx Vx xxxx. Ce qu'il n'aurait jamais fait sans le refus de transfert. Si je veux opérer un refus de transfert avec (4333), je demande 3SA. Une autre forme de refus de transfert, pratiquée par une des excellentes paires de Montréal, consiste à annoncer dans une couleur où l'ouvreur, maximal, possède une concentration d'honneurs. Variante tout à fait valable, pourvu qu'on ne l'oublie pas si on l'adopte.

  Une amélioration au refus de transfert provient de la loi des levées totales. On a vu, lors des pages consacrées à l'ouverture en majeure, qu'un des corollaires de la loi des levées totales consistait à chercher à atteindre le contrat correspondant au nombre d'atouts possédés conjointement par la paire. Il suit qu'avec quatre atouts et une ouverture minimale, l'ouvreur refusera le transfert normal en sautant dans la couleur indiquée par le transfert. La main de l'ouvreur devient donc beaucoup plus précise. Par exemple :
 
 

1SA – 2
3 : l'ouvreur signifie qu'il a une ouverture minimale de sans atout, mais avec quatre coeurs. Cela dit, cette méthode de demander 3 de la majeure cinquième du répondant avec une ouverture à 1SA minimum est fort peu employée parce que le contrat chute souvent de 1.

Cela posé, le refus de transfert sur une réponse de 2 ou 2SA ( dans le cas où il s'agit respectivement d'un transfert à et à ) se fait plus aisément ainsi :
 
 

1SA – 2 Employé généralement pour un transfert à .
2SA : refus de transfert : j'ai Dxx et mieux en  (Ne dit rien sur la force en points d'honneur).
3 : j'ai moins que Dxx en . Le sens de ce refus de transfert consiste à vouloir jouer 3SA si le répondant possède au moins six trèfles avec deux honneurs majeurs. On est sûr alors, à moins d'une distribution adversaire monstrueuse, de réaliser six levées à trèfle . L'ouvreur compte par ailleurs trois levées dans sa main.

1SA – 2SA

3 : refus de transfert. Dxx et mieux en carreau.

3 : moins que Dxx en carreau..

Par contre, un certain nombre de joueurs emploient la réponse de 2 sur 1SA comme Baron, soit une exploration de chelem, où il s'agit de découvrir un fit en annonçant les couleurs par quatre en ordre ascendant, donc en commençant par . Baron sert surtout pour trouver un fit en mineure, car il n'y a pas de convention Stayman pour cela. Cette réponse est forcing à 4SA. Plus précisément :

1SA – 2
2SA : (4333)
3 : quatre trèfles et une autre couleur quatrième.
3 : quatre carreaux et une majeure quatrième.
3 : les deux majeures quatrièmes.
3 : 5 trèfles.
3SA : 5 carreaux.

D'une manière générale, La meilleure méthode pour le répondant consiste à relayer – au lieu de décrire sa main, laisser le déclarant le faire, ce qui est plus économique puisqu'il a une main dont il ne manque que quelques informations pour qu'elle soit complètement connue par le répondant. On reverra à ce sujet la notion de capitanat. Soit :
 
 

Soit, toujours dans Baron,

1SA – 2
2SA – (Relais à 3)

3X : X est la seule couleur quatrième de l'ouvreur.
 

1SA – 2
3– (R à 3 )

3Maj : la majeure quatrième.

3SA : quatre trèfles et quatre carreaux.
 

1SA – 2
3 – (R : 3 )

3 : quatre carreaux et quatre piques.

3SA : quatre carreaux et quatre coeurs.

Une fois la distribution de l'ouvreur suffisamment connue, i.e., une fois identifiées la couleur cinquième, ou alors la ou les couleur(s) quatrième(s), un relais demande le nombre de contrôles : première étape : 0-4, deuxième étape : 5, etc. Il est dommage que cette pratique du relais ne soit pas plus fréquente.

Exemple :

R3                  AD72
R94                DV3
AD75             RV86
RV86             A9

1SA – 2
3 – 3(relais)
3SA – 4 (combien de contrôles ? ). Rappelons la définition de contrôle : un as vaut 2 contrôles ; un roi, un.
4 (cinq contr.) – 6
 
 

On peut aussi considérer que chaque partenaire annonce ses couleurs quatrièmes, avec l'avantage que, le fit une fois trouvé, les cuebids renseignent avec plus de précision. Fort bien, la méthode est respectable. Mais qu'arrive-t-il en cas de double fit mineure-majeure ?! Le premier fit, en mineure, sera identifié, et le fit en majeure sera enterré, et nous ferons 6 de la mineure, alors que d'autres joueurs, avec des méthodes plus terre-à-terre, se trouveront à 6 de la majeure. Sans compter que cette méthode ne permet pas d'identifier en une seule enchère le nombre de contrôles. Quoi qu'il en soit, pour la main ci-haut, cette variante aurait donné :

1SA – 2
3 – 3 (non plus relais, mais montrant quatre cartes et plus à carreau)
4 – 4 (cb)
4SA (cb : A ) – 5
6
 
 

Un certain nombre de paires raffinent encore, après l'identification du nombre de contrôles, en utilisant les couleurs de non-fit (soit : toutes les couleurs reconnues de moins de quatre cartes chez le déclarant) comme des formes de demandes : nombre de dames, demandes polonaises (voir plus loin), etc., libre à la paire d'y aller selon son style, tout en se rappelant que le mieux est souvent l'ennemi du bien – mieux vaut être plus conservateur que de risquer une catastrophe parce qu'on ne s'est pas compris au sujet d'un raffinement.

Autre problème : si on joue Baron, du moins en utilisant la réponse de 2 à cette fin, on ne peut plus transférer à  à moins de décaler les enchères : 2SA devient le transfert à, et 3 le transfert à , ce qui nous empêche de jouer 1SA–3 comme invitationnelle (ou faible, ou forcing de manche, selon la structure des enchères qu'on a choisie).
 
 

Consolons-nous, nous sauverons la chèvre et le chou. Voici comment : on aura compris, c'est l'évidence, que l'emploi des transferts Jacoby ne permet plus l'utilisation d'une réponse 2 Stayman forcing de manche. Pour les joueurs qui pratiquent les transferts, le seul Stayman devient donc 2, invitationnel et plus.

Si bien que les séquences amorcées par 1SA–2, telles que détaillées plus haut, sont légèrement transformées dans cette perspective.
 
 

1SA – 2
2 – 2 : cinq coeurs, quatre piques, fermeture. (car avec cinq coeurs sans quatre piqueset une main invitationnelle, j'aurais transféré à coeur par 2 ). Puis, sur 2 , j'aurais demandé 2.
 
 

Voici un deuxième test sur la réponse à l'ouverture à 1SA par votre paire. La matière étant abondante, un test supplémentaire m'apparaît indiqué. Vous ouvrez le sans atout 15-18, vous jouez le Stayman et les transferts Jacoby. Que répondez-vous avec les mains suivantes ?

 1)

8643
A75
RV3
R92

 

2)

R32
DV9
9743
D86

 

3)

987654
V4
92
643

 

4)

RV94
DVd53
A6
42

 

5)

RD4
AR7
Vd43
AV5

 

6)

A6
R32
95
ARVd43

 1) Il est périlleux de chercher un fit à pique avec une main aussi carrée. Votre main ne coupera pas souvent ! Fermez à 3SA

 2) invitez à la manche par 2SA. Les majeures ne peuvent vous intéresser. Si vous jouez le Stayman artificiel,
 répondez   2

 3) n'allez pas passer sous prétexte que vous êtes faible ! 2 sera un contrat moins mauvais que 1SA. Utilisez le
transfert Jacoby : 2

 4) quand vous avez les majeures 5-4, n'utilisez pas le transfert vers la couleur cinquième. Il ne faut donc pas répondre 2 . Votre partenaire pourrait avoir une distribution 4243 ou 4234. En utilisant le transfert Jacoby, vous perdrez le fit à pique. Il convient donc de passer par Stayman : 2. Si votre partenaire redemande 2 , vous sauterez à 3 (Smolen) pour indiquer ce type de main.
 
5) rappelons-le, le but des enchères ne consiste pas à faire montre de ces gadgets et tours savants aux adversaires; le but des enchères est d'atteindre le contrat optimal. Or, celui-ci est clair : 6SA. Point final. Laissez les adversaires se tromper d'entame : peut-être ferez-vous 13 levées.

6) Ça sent le chelem. À tout le moins, il faut vous rendre à la manche. Une réponse de 3 décrit bien votre main (2 si vous jouez les transferts en mineures). Les mains combinées se trouvent en situation où une belle couleur sixième à trèfle peut fournir une information intéressante au partenaire en vue d'un contrat de 6 ou de 6SA.
 
 

Le test suivant porte sur les redemandes subséquentes à votre transfert.
 
 

Soit la séquence 1SA     2
                          2       ?
 
 

 1)

A6
RV543
542
986

 

2)

A6
RV543
A42
986

 

3)

R6
RV9543
432
98

 

4)

R6
RV543
DV76
82

 

5)

65
98765
2
76543

 

6)

A2
ARDd653
6
R64

 

1) 2SA. Vous montrez exactement cinq coeurs et une main invitationnelle.

 2) 3SA. Cette fois, vous voulez jouer à la manche. Vous avez dit votre histoire. Si votre partenaire possède trois ou quatre coeurs, il convertira à 4 ; avec exactement deux coeurs, il passera

 3) la manche est possible. Redemandez 3 , montrant six coeurs et un main invitationnelle

 4) il serait opportun de montrer vos carreaux. Une redemande de 3 indique la possession de quatre ou cinq carreaux et est forcing pour un tour. Certains jouent cette séquence comme impérative de manche; il m'apparaît préférable de la jouer comme impérative pour un tour; cela n'exclut pas une main plus forte, bien sûr; de toute façon, il vaut mieux annoncer 3SA tout de suite. Votre partenaire passera ou ira à 4 . Il n'y a pas d'autres contrats possibles. Ne vous enfargez pas dans les fleurs du tapis. Vous donneriez alors (par 3 , inutile de toute façon) de l'information utile... aux adversaires.

 5) ne vous laissez pas tenter ! Transférez à  par 2 et passez résolument le 2 de l'ouvreur. Vous ferez peut-être 11 levées... mais en attendant, les adversaires en encaisseront au moins quatre ou cinq. Vous n'avez pas de manche ici, point à la ligne.

6) le chelem est proche. Peut-être même le grand chelem se fera-t-il facilement. Une des redemandes intéressantes , après le transfert à coeur, serait le splinter bid à carreau : 4 . Ne cuebidez pas 2. Cela montrerait 5Co et 4Pi et une main invitationnelle. Il ne faut pas fermer à 4 !

 

Voici un tableau résumé :

 

 

 

 1SA

 

RÉPONSE

 

REDEMANDE DE L'OUVREUR

 

REDEMANDE DU RÉPONDANT

 

2 : Stayman. Invitation et plus. Préférable de jouer comme artificiel (: sans nécessairement une maj.), pour utiliser 2SA pour autre chose.

2 : pas de majeure

2 : 4 coeurs + 4 piques ?)

2 : 4 piques

.

sur 2 , 2Maj. est une fermeture.; 3 est Weisberger; 3 de l'autre Maj. (Smolen)

sur 2 , 2 invite avec 4 piques.

3Min. : 5 cartes, invite

 

 

2 : transfert à . Invitation et plus, au moins 5 coeurs

2 ; avec 4 , refus de transfert : avec minim., 3 ; avec max., annonce un doubleton (2SA pour doubleton )

sur 2 , passe sans espoir de manche; 2SA invite avec 5 ; 3SA montre 5 ; 3 invite avec six ; autre coul. : quatre cartes (i.m. ou pas, selon la décision de la paire)

 

2 : transfert à . Invit. et plus, au moins 5 piques

même traitement que ci-haut, mutatis mutandis

même traitement que ci-haut, mutatis mutandis

 

2 : soit transfert à trèfle, soit Conot (deux mineures)

si transf. à , 2SA est un refus de transfert; si Conot, annonce une mineure, p.j.: le répondant continue si approprié

sur 2SA refus de transf, 3 est faible. Toute autre réponse montre de l'intérêt pour la manche et plus.

 

2SA : transfert à carreau ou les deux mineures, selon la rép. de 2.

même traitement que ci-haut, mutatis mutandis

même traitement que ci-haut, mutatis mutandis

 

3Min. : essai de chelem dans la mineure

3SA p.j.; tout autre montre intérêt dans chelem

 

 

3 : fragment à coeur, impér. de manche (54 en mineures et 3 coeurs

 

 

 

3 : fragment à pique, impér. de manche

 

 

 

3SA : p.j.

 

 

 

4 : Gerber

4 : 0 ou 4 as;

4 : 1 as,etc.

 

 

4 : Texas (transf. à )

4

 

 

4 : Texas (transf. à )

4

 

 

4SA : quantitatif

passe; 5SA :incertain;6SA

 

Terminons par une convention peu connue mais fort respectable. Il s'agit de Gladiator, convention créée en Nouvelle-Zélande. Essentiellement, son principe consiste à considérer la réponse de 2 comme un relais pour montrer, dans la plupart des redemandes, une main faible. La réponse de 2 constitue un Stayman impératif de manche (ou non impératif, selon les variantes). Au fil des années, Gladiator s'est développée selon plusieurs variantes. En voici une. On peut jouer cette convention avec n'importe quel registre de sans atout.

1SA-2 : relais à 2 . Le répondant a une longue. La clarification au niveau de 2 , sauf 2SA,montre une main pour jouer, fermeture inconditionnelle, alors qu'elle invite si elle se situe au niveau de 3 et montre alors une couleur sixième avec deux des trois honneurs majeurs (ARD) :
 
 

1SA - 2
2 - passe
2 pour jouer
2 : p.j.
2SA : invite à 3SA
3 : 6 beaux , invite à 3SA
3 : 6 beaux , invite à 3SA
3 : 6 beaux coeurs, invite à 4 , ou même 3SA
3: 6 beaux piques, invite à 4, ou même 3SA
3SA : penser au chelem avec un maximum.

1SA - 2 : Stayman. Comme la réponse de 2 ne sert plus pour faire Stayman, il ne reste que la réponse de 2 comme Stayman. Ce sera donc un Stayman invitationnel et mieux. Soit :

1SA - 2
2 : Quatre coeurs, peut-être quatre piques.
2 : Pas quatre coeurs, exactement quatre piques.
2SA : pas de majeure quatrième, minimum.
3SA : pas de majeure quatrième, maximum.

1SA - 2 : invite. cinq coeurs. Le sens de 2maj. : ne pas risquer le niveau de 3 s'il n'y a pas de manche.

1SA - 2 : invite. cinq piques. Idem.

1SA - 2SA : les deux mineures. Barrage et plus. Gardez les adversaires dans l'expectative, forcez-les à une prudence néfaste pour eux !...

1SA-3Couleur : barrage.

Cette idée est féconde. Lorsqu'on a un barrage à faire, le plus vite est le mieux.

Pour inviter avec une couleur sixième avec deux des trois honneurs majeurs, on passe par 2 et par 2 avec une belle couleur cinquième, ou sixième sans 2 des 3 honneurs majeurs.

1SA - 4 : Gerber (demande d'as : réponse : 0 ou 4, 1,2,3 ; certains cependant jouent Gerber sous forme KCB ou la roi de trèfle est le cinquième as)

1SA-4 : transfert à coeur.

1SA -4 : Transfert à pique.

1SA-4 : Vous avez au moins 55 en mineures et une main très faible. Disons au plus 3 points. .
 

1SA - 2
2SA - 4 : pour jouer à la manche, pas plus, soit à 4 ou à 4. Main très offensive, sans valeur défensive notoire.
 

On peut en arriver à créer un système ultra perfectionné... mais la paire doit garder l'objectif des enchères en perspective. Celui-ci contient deux volets. Le plus évident réside dans l'identification du contrat optimal. Mais l'autre volet s'avère aussi de taille : les enchères doivent en même temps nuire le plus possible - ou, si l'on préfère, aider le moins possible - la paire adversaire. Ce deuxième aspect relève de considérations stratégiques.

En effet, dans beaucoup de contrats, ceux qui aboutissent à la manche, l'adversaire à l'entame aura une mine d'information pour effectuer une entame dévastatrice. André Trudelle, dans sa chronique de bridge de La Presse du 20 avril l985, écrit une excellente colonne sur ce sujet. Citant Kelsey, il rappelle que les enchères constituent une science statistique, et non absolue. Il est souvent préférable de sacrifier la recherche de la perfection dans la description de sa main, quitte même à ne pas atteindre quelquefois le meilleur contrat, si le prix à payer consiste à présenter aux adversaires des informations déterminantes pour l'entame. Effectivement, quand un contrat peut chuter, la bonne entame le fait chuter dans 40% des cas. En somme, si je ne donne pas assez d'information à mon partenaire, nous passerons peut-être à côté du meilleur contrat; si, par contre, j'en donne trop, les adversaires seront en mesure de produire une meilleure défense.

La réponse à ce dilemme réside dans la distinction entre deux types de mains : celles pour lesquelles je possède toute l'info pertinente; celles pour lesquelles le meilleur contrat (en termes de niveau et/ou de dénomination) s'avère incertain. Pour le premier type, je n'ai qu'à demander le contrat (PFA - Principle of Fast Arrival)), tel que recommandé avec bon sens dans l'article précité. Par exemple, je désire savoir si l'ouverture à 1SA cache quatre piques, pour voir si nous avons un fit dans cette couleur. Après la réponse, le contrat est connu (3SA, 4, ou une invitation : 2SA, 3), il n'y a pas à farfiner ailleurs. Mais il se peut que le second type de main appelle un début d'enchères comme ci-haut : devant le 1SA faible, vous tenez un 4252 de 16 points d'honneur. Vous vous enquérez, votre partenaire n'a pas quatre piques; il vous faut poursuivre l'exploration davantage, puisque vous pouvez manquer un chelem à - et à SA peut-être. Au total, c'est le PFA de Reese qui constitue le paramètre suffisant de cette situation. Dans les circonstances, formulons ce principe comme suit :
 

 IL FAUT DEMANDER LE CONTRAT FINAL LE PLUS VITE POSSIBLE ; SI LA RECHERCHE DU CONTRAT OPTIMAL RISQUE DE DONNER DE L'INFORMATION PERTINENTE A L'ENTAMEUR, IL FAUT ÉVALUER LES RISQUES EN TENANT COMPTE, D'UNE PART, DE LA QUALITÉ DE L'INFORMATION LIVRÉE, ET D'AUTRE PART DE LA POSSIBILITÉ D'UN MEILLEUR CONTRAT EN CONJONCTION AVEC LE DEGRÉ D'AVANTAGE QUE DONNERAIT À L'ÉQUIPE CE CONTRAT.
 

Une dernier point, pour conclure la première partie de l'étude du sans atout. J'ai exprimé, lors de l'élaboration des majeures, que le 1SA forcing en réponse sur la majeure recelait une faiblesse, celle où le déclarant a 5(332) devant une main de 6 à 9 points comportant seulement 2 cartes dans la majeure de l'ouvreur et (443). Le meilleur contrat, 1SA, ne peut être atteint. J'ai signalé alors, et je le rappelle ici, qu'au total, l'ouverture à 1SA avec une majeure cinquième et (332) m'apparaît receler plus d'avantages que de lacunes. Marty Bergen (voir Points Schmoints dans la bibliographie) le pense aussi (disons tout de suite cependant que bon nombre d'experts sont d'un avis différent). Non seulement il résout le problème dont nous venons de faire état, mais il comporte aussi deux "bénéfices marginaux". Premier bénéfice, l'ouverture à 1 de la majeure, lorsque la main se révélera être sous l'inversée, sera forcément distributionnelle (au plus carrée 5(422) ou 6(322). L'ouverture en majeure permet alors une meilleure description subséquente de la main. Deuxième bénéfice, nous créons ainsi un problème additionnel à l'entame adversaire, surtout lors des contrats à SA. L'entame du doubleton en majeure, "pour le partenaire", se trouvera peut-être dans la majeure cinquième et constituera un avantage initial dans le jeu de la carte. Ou alors, on ne s'y laissera plus prendre, et on entame en mineure, ou dans l'autre majeure, ce qui assure le contrat - et la mauvaise humeur du vis-à-vis de la personne à l'entame. Il reste que la perspective d'ouvrir avec Stayman prend alors une coloration différente.

1SA - 2 : Stayman artificiel, au moins 9 points décents. 2 : peut-être quatre piques ou 44 en majeures. Pas de majeure à cinq. Ou alors, une main minimale avec une mineure cinquième.

1SA - 2
2 - 2 : Relais. Affirme pouvoir jouer au niveau de 3 si l'ouvreur a un 44 en majeures minimal. (On peut aussi jouer cela comme naturel, montrant quatre et peut-être quatre piques).

1SA - 2
2   - 2 : Pas quatre coeurs, exactement quatre piques. NF. Avec 5-4 en majeures, le répondant passerait par 2 au lieu de  2.

1SA - 2
2 - 2SA : Invite. Pas d'intérêt dans les majeures.

1SA - 2
2  - 2
2 - 2SA : p.j. en face d'un minimum: l'ouvreur n'a pas quatre coeurs.Le répondant en a quatre. Si le répondant avait aussi quatre piques, il annoncerait 3 invitationnel, (ou, autre traitement, 3 artificiel et forcing).

1SA - 2
2 - 2
2 - 3 : artificiel. FM.
3 : quatre piques et quatre carreaux (relais à 3 : 3=min.; 3SA=max.)
3 : quatre piques et quatre trèfles, minimum
3 : quatre piques et quatre trèfles, maximum
3SA : 4333, maximum

1SA - 2
2 - 2
2SA : NF, car cela montre un minimum, pas de majeures, donc une mineure cinquième(332), puisque 4min.(333) est décrit par 2SA directement après 2 .

1SA - 2
2 - 2
2SA - 3 : artificiel, manche.
3 : 5,min. (R à 3 : 3 = 2353;3SA=3253 ou 3352)
3 : 3235, min..
3 : 2335, min.
3SA : 3353 min..

1SA - 2
2 - 2
3 : 4423, min.
3 : 4432, min.
3 : 4423, max.
3 : 4432, max.
3SA :3343, max.

1SA - 2
2 - 2 : naturel, NF.
2SA : min., pas de fit, p.j. L'ouvreur ne peut avoir quatre coeurs, car si c'était le cas, il aurait aussi quatre piques dans cette séquence et montrerait le fit. L'ouvreur a une mineure cinquième.
3 :  quatre piques et quatre trèfles,15 points, invitationnel à 4 (n'exclut pas une manche à SA, cependant). Le répondant peut relayer à 3 pour connaître la distribution entière : 3 = 4324 ; 3 = 4234.
3 : quatre piques et quatre carreaux, 15 points.
3 : 44 en majeures, 15 points.
3 : 4333, max.
3SA : 4333 max, piquesfaibles, arrêts dans les trois autres couleurs.
4 : p.j. Tous les 4(432) max. ou 4333 max. avec des piques en santé.

1SA - 2
2 - 3 : Weisberger, 5-5 en majeures, essai de manche ou de chelem. L'ouvreur annonce 3Maj. avec un minimum, que
le répondant peut passer, pousser à la manche, ou inviter au chelem par les cuebids ou Blackwood. S'il est
maximum, l'ouvreur demande la manche dans sa majeure à trois cartes et plus (peut-être a-t-il quatre piques),
que le répondant passe ou invite au chelem.
 

1SA - 2
2 - 4 : La plupart de ceux qui jouent Weisberger emploient cette séquence pour indiquer Weisberger forcing de
manche, mais sans intérêt pour le chelem. On remarquera cependant qu'on peut tout aussi bien, dans un tel
cas, passer par le Weisberger "ordinaire", et se rendre à la manche dans une majeure sans ambiguïté. Si bien
que la présente
séquence, par 4 , est inutile dans le cadre de Weisberger. L'emploi que je lui réserve :
indiquer un (65) en majeures, essai de chelem; l'ouvreur demande 4Maj. avec un minimum, ou cuebid avec un
maximum.
 

1SA - 2
2 - 2SA : pas d'intérêt à coeur. Le répondant a moins de trois coeurs. NF.
3 : invitationnel.
 

1SA - 2
2   - 2 : Relais. Le répondant ou bien a un minimum avec trois coeurs et a une tolérance pour 2SA ou 3 (si l'ouvreur montre cinq coeurs), ou possède 12+, forcing de manche, et désire plus d'information.
2SA : Quatre coeurs, min..
3 : max., quatre coeurs et quatre trèfles. Un relais à 3 demande de compléter la distribution : (3 = 2434; 3 = 3424).
3 : max., quatre coeurs et quatre carreaux. Relais à 3 : 3 : 3442 ; 3SA : 2443
3 : 5 coeurs, min.. Cette distribution est 5(332).
3: 5 coeurs, max.. Cette distribution est 5(332).
(3SA par le répondant est pour jouer).
3SA : 3433, max..

1SA - 2
2 : l'ouvreur tient un (32)44, le 44 étant en mineures.
        - 2SA : p.j. devant min..

        - 3 : relais.

1SA - 2
2 - 3
3 : 3244, min.
3 : 2344, min.
3 : 3244, max.
3SA : 2344, max.

1SA - 2

1SA - 3 : plusieurs joueurs qui jouent le 1SA avec une possibilité de majeure cinquième emploient cette réponse comme Stayman : "Partenaire, j'ai une ou deux majeures à 3 cartes, as-tu une majeure cinquième ?"

2 - 3 : demande de contrôles : 0-3,4,5... 3 : demande "polonaise" à.
 

Rappelons la définition de la demande polonaise : elle s'enquiert des honneurs majeurs dans une couleur particulière. Pour procéder à cette demande, il faut tenir au moins un honneur majeur dans la couleur demandée, puisque les réponses à cette demande sont ambiguës :

1re étape : aucun honneur majeur, ou les trois.

deuxième étape : D ou AR.

troisième étape : R ou AD.

quatrième étape : A ou RD.
 

La demande polonaise se fait dans la première couleur non jouable (2 ou trois cartes au niveau de la manche, ou toute enchère qui ne constitue pas une manche, i.e., qui ne peut être pour jouer), en commençant par la plus basse de ces couleurs. L' enchère qui suit en est un exemple.

3 : demande polonaise à .
3SA : p.j.
4 : demande polonaise à coeur..
4 : demande polonaise à pique.

On notera aussi qu'après la demande de contrôles, on peut procéder à la demande de points dans une couleur :

                     1SA - 2
                     2SA - 3
(4 contrôles) 3 - 4 : demande de points à carreau (3SA serait p.j.)

Les réponses : a) Si la couleur est de trois cartes ou moins : - 0 ou 1 point;

                                                                                            - 2 points;

                                                                                           - 3 points...etc.

b) Si la couleur est de quatre cartes et plus : - 0 à 2 points;

                                                                  - 3 points;

                                                                 - 4 points...etc.

1SA - 2
2SA : min. (4333). Le répondant passe, ou demande 3SA, ou demande quelle est la couleur quatrième par 3 .

1SA - 2
3 : max., 5(332) : R à 3 : 3 : 3235 ; 3 : 2335 ; 3SA : 3325
3 : max., 3352
3 : max., 3253
3 : max., 2353
3SA : max., 3334

A noter que la demande de contrôles sur les mains maximales appelle une première étape de 0-4, non 0-3, puisqu'il s'agit d'une main maximale.

1SA - 2 : transfert à coeur.
2 : implique 2 ou trois coeurs, pas 4.

1SA - 2
2  - passe
       - 2SA : exactement 5 coeurs, invitationnel à 3 ,3SA, 4 .

1SA - 2
2   - 2,3 ,3 : Devrait montrer un bicolore 5-5. Le fit dans la mineure, ou l'autre majeure, est peut-être préférable. De plus, l'ouvreur peut dégager, par inférence, les perdantes ailleurs.
 

Remarque : Certains utilisent la séquence

1SA - 2
2 - 2 comme artificielle, ne montrant pas nécessairement du coeur, est utilisée comme Baron (voir cette convention), i.e. essai de chelem, qui demande à l'ouvreur de décrire sa main davantage. C'est, en soi, une bonne idée, mais rendue
inutile ici si on utilise le mode de précision enclenché par 2 , puisque ce système, tel que précisé ici, permet de
générer toutes sortes d'enchères impératives (diverses sortes de demandes, etc).
 
 

1SA - 2
2 : Maximum, quatre atouts, doubleton pique. Refus de transfert (maximum, quatre atouts, doubleton pique - voir plus haut).
2SA : max., 3433.
3 : max., quatre atouts, doubleton.
3 : max., quatre atouts, doubleton.
3 : min., quatre atouts. Ceux qui jouent le refus de transfert utilisent généralement cette enchère pour montrer une main forte    (v.g. : 3433, réservant 2SA pour le doubleton ). Mais je pense que ce "léger barrage potentiel" constitue une arme intéressante. Souvent, en effet, l'adversaire se tapit, attendant patiemment d'intervenir avec une surenchère à 2. Ce 3 , qui, à la réflexion, n'est pas dangereux, nuira passablement aux adversaires. Mais encore là, le désavantage consiste dans le danger de chuter au niveau de 3 alors que l'immense majorité jouera au niveau de 2 et réalisera le contrat.


INTERVENTION CONTRE 1SA

Il reste à régler une situation d'enchères qui se produit plus fréquemment qu'on pense, surtout si on joue un sans tout inférieur à 15-17 : c'est le 1SA suivi d'une intervention adverse. Elle se présente sous deux formes : contre et une intervention en couleur. Les défenses contre l'ouverture à 1SA se divisent en deux groupes. Ceux pour lesquels le contre est employé pour pénaliser ; ceux qui jugent plus utile d'employer le contre pour ajouter de la précision à la description de leur main. Le danger des systèmes qui n'emploient pas le contre comme une pénalité réside dans la possibilité que des joueurs aguerris ouvriront 1SA avec n'importe quoi, assurés qu'ils ne seront as contrés pour la pénalité.

1SA X

Précisons d'abord qu'il se produit même contre le créneau 15-17 en tant que convention. De surcroît, la faiblesse du petit sans atout amène plusieurs paires à jouer alors le contre pour la pénalité. Sans compter, de toute façon, les paires dont le système utilise le contre punitif contre tout 1SA.

Le meilleur système est le suivant. Il permet en effet une foule d'options : Tout est transfert. Le système est activé. Comme si l'invervenant adverse avait passé. Mais il y a une source remarquable de significations par le XX. En effet :

En principe, le XX est un transfert à trèfle. L'ouvreur doit donc demander 2. Le répondant passera s'il a un barrage à trèfle. Cependant, plusieurs autres options s'ouvrent à lui :

- Se servir de cette séquence pour faire Stayman. Sur le 2 forcé de l'ouvreur, il gagera une majeure. Soit au niveau de 2, invitationnel ; soit au niveau de 3 impératif de manche.

- Une seconde enchère de 2 après son XX est un Smolen. L'ouvreur demande sa plus basse majeure troisième ou quatrième. Ce 2 Smolen est au moins impératif pour un tour. Il peut être invitationnel ou impératif de manche. Séquence prévisible et facile.

- 3 par le surcontreur est Weisberger.

  1SA suivi d'une intervention en couleur Le système le plus employé pour se défendre contre l'intervention en couleur consiste dans Lebensohl. Une précision sur le nom. Un joueur du nom de Lebensold fut désigné comme le créateur de cette convention. Il nia énergiquement. Comme son nom était identifié à la convention en question, on trouva un compromis : on renomma la convention en transformant son nom d'une manière artificielle : Lebenshohl. D'une part, les joueur continuaient de s'y reconnaître ; d'autre part, Lebensold était libéré de la confusion qui l'importunait en l'identifiant faussement comme l'auteur de la convention. Il demeure quen réalité, 'on ne connaît pas l'auteur de la conveniton.

Voici donc le fonctionnement de cette convention.

Pour bien comprendre cette convention, énumérons d'abord les mains en réponse qu'on veut décrire à son partenaire qui vient d'ouvrir 1SA suivi directement d'une intervention en couleur:

1. Une main faible contenant une longue au moins cinquième, préférablement sixième.

2. Une main qui fait Stayman avec arrêt également dans la couleur adversaire 3. Une main qui fait Stayman, mais sans arrêt dans la couleur adversaire. 4. Une main impérative de manche avec une belle couleur au moins cinquième 5. Une main qui a tout ce qu'il faut pour jouer 3SA, incluant l'arrêt dans la couleur adversaire 6. Une main qui a tout ce qu'll faut pour jouer 3SA, mais sans l'arrêt dans la couleur adversaire 7. Une main qui veut pénaliser l'adversaire.

Lebensohl permet d'exprimer chacune de ces 7 mains. Voici comment.

1. Main faible : Toute réponse au plus bas niveau est p.j. (pour jouer) Mais que faire si la couleur est de rang inférieur à l'intervention ? Par l'utilisation d'un gadjet que l'ebensohl emploiera à d'autres sauces : le relais à 2SA. Je prends comme exemple cette main que j'ai jouée avec un des mes partenaires réguliers sur internet, François Gauthier.

Nord : 3  D943  AV65  7654   EST : AVd6  RVd  R83  A98    Sud : RD9842  D5  9742   R    Ouest : 85  8762  Dd  DVd32

François, en Est, ouvre à 1SA. Intervention de 2 en Sud. Si Ouest ne connaît pas Lebensohl, ou l'oublie, il passera. Mais l'utilisation de Lebensohl ici est tout à fait recommandable : 2SA. C'est un relais. L'ouvreur à 1SA doit relayer à 3. Ouest passera 3 pour un bon score. S'il avait des carreaux au lieu des trèfles, Ouest aurait corrigé à 3. L'idée est simple : pour des longues sixièmes de rang inférieure à l'intervention, le relais à 2SA, suivi de 3 par l'ouvreur permet de nommer cette couleur au niveau de 3.

2. Stayman avec arret :Vous naissez à cette main avec ADV6 RD42 92 543. Sur l'ouverture de 1SA par votre partenaire, l'adversaire intervient à 2. Vous amorcez un relais à 2SA. Complété par 3 chez l'ouvreur. Vous cuebiddez maintenant 3 : Partenaire, j'ai 4 piques Et l'arrêt à coeur. Votre partenaire, avec 4 piques, vous poussera à la manche à pique ; sinon, il saura que vous pouvez réaliser 3SA.

3. Stayman sans arrêt : Inversez les rouges de la dernière main. Soit : ADV6 92 RD42 543. Maintenant, vous cuebidderez ridectement 3 : Partenaire, je te fais Stayman, mais je n'ai pas d'arrêt dans la couleur d'intervention.

4. Une belle couleur forcing de manche : C'est simple. Vous sautez. Après 1SA du partenaire et une intervention à 2, vous sautez à 3 avec
ARVd942  542 AV6 7

5. Pour jouer 3SA et avec l'arrêt : Vous passez d'abord par 2SA, puis, sur le relais à 3 de votre partenaire, vous demandez 3SA.

6. Pour jouer Stayman sans arrêt : Vous sautez directement à 3SA : partenaire, j'ai tous les points qu'll faut, mais je n'ai pas l'arrêt.

Pour ce qui est des numéros 5 et 6, ce système se nomme Lebensohl SSS, ou Slow show stopper. Soit : si je passe par 2SA puis le cuebid suvi chez moi de 3SA, je montre l'arrêt. Cependant, certains inversent cette convention. Ils sauteront à 3SA avec l'arrêt et passeront par la voie lente de 2SA puis 3SA pour indiquer l'absence d'arrêt. Il demeure que la méthode la plus populaire est SSS.

7. Pénaliser l'intervention : méthode simpliciste. Vous contrez. Vous ditez à votre partenaire que vous croyez, eu égard à la vulnérabilité, que l'adversaire, en chutant, vous rapportera davantage de points que si vous demandiez votre contrat. Il y a aussi des cas où vous croyez n'avoir aucun contrat valable de votre côté, mais de toute façon, la pénalité permet d'espérer un profit intéressant.

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