10.6 OUVERTURE À 1 EN MAJEURE


 
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Suite à Drury
Suite à Ouverture à 1SA

 

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Ce chapitre comporte deux volets. D'une part, le traitement de l'ouverture à 1 en majeure (ci-après 1M);
d'autre part, les réponses après 1M contré (appelées "Transferts Cappelletti)".



1M  Vous pourrez vérifier votre connaissance de cette section en répondant aux deux tests, le premier à l'intérieur de la présente page, le deuxième ici.
 

13-21 points, au moins cinq coeurs. Exceptionnellement, quatre très beaux coeurs. Par exemple, ARDd.
 
1 - 1 : au moins quatre piques, six points et plus. Si vous jouez la convention Flannery (voir l'index, ou, plus directement, dans le chapitre des conventions offensives), vous montrez cinq piques puisque le déclarant ne peut posséder quatre piques. Impératif, évidemment (toute nouvelle couleur par le répondant, rappelons-le, est impérative pour au moins un tour).
 
- 1
1SA : 13-15, 5 coeurs (332) ou 25(42) avec une mineure quatrième anémique
2Min : 13-17, quatre cartes et plus dans la mineure.
2SA : 18-19, 2533 ou 25(42). Impératif de manche. Disons plutôt : pratiquement impératif de manche. Le répondant peut avoir répondu avec cinq points. C'est là affaire de style. Je n'aime pas du tout répondre avec moins de six points. ; on peut cependant arguer, en faveur de la réponse à 5 points et une majeure cinquième, qu'on cherche simplement à améliorer le contrat. L'ouvreur pourrait aussi posséder trois piques, que l'ouvreur mentionnera à sa prochaine enchère, pour donner le choix entre 3SA et 4 (trois petits piques et des fourchettes ou mieux dans les mineures). 3 par le répondant est Check-back Stayman (: CBS). Le répondant veut savoir si son partenaire a trois piques.
3Min : 18-21, impératif de manche, en principe au moins quatre cartes dans la mineure. Peut aussi avoir 35(32) et mentionner ses piques à sa prochaine enchère
: 16-17, six coeurs. Invite
: 16-17, quatre piques. Invite
3SA : 13-15 points, coeurs solides (ARDxxxx)
4Min : splinter
: 18-21, quatre piques.
 
Premier test : Vérifions notre intelligence de la redemande après 1 - 1 :
 
 

 1)

RV52
RV763
A4
86

 

2)

RV54
RDV63
A3
92

 

3)

RV54
ADV73 -
RD62

 

4)

R7
ADV76 AV7
Rd9

 

5)

R4
ARV42
Dd9
V63

 

6)

R75
ARD43 A2
Rd7


1) Votre main est réévaluée à 15 points avec fit : 2
 
2) vos 14 points d'honneur, additionnés d'1 point pour la couleur cinquième et 2 points pour les doubletons, devraient vous propulser à 3, montrant un fit et 16-17 points
 
3) main parfaite pour un splinter à carreau : 4 
 
4) la main est carrée, une fois les coeurs déclarés cinquièmes; elle se situe dans le créneau de 18-19 points :
    2SA
 
5) ici, la main est carrée également (5332), mais elle se situe dans l'écart 13-15 : 1SA
 
6) voilà un gros tracteur, mais comment le maneuvrer ! le créneau maximal appelle un saut - mais en quoi ? En principe, vous devriez avoir quatre trèfles pour un saut à trèfle, mais il faut faire avec ce qu'on a : 3 . Si, comme je l'ai déjà vu lors d'une séance de duplicata, on appelle le directeur pour protester contre le saut dans une couleur troisième, celui-ci acceptera immédiatement cette enchère. Vous revêtirez votre air le plus humble devant une victoire si décisive - pour le plus grand bien de votre âme !
 

- 1SA : 6-9 points , non impératif, pas de fit. Le répondant peut avoir une main débalancée.
 
 

LE 2/1 IMPÉRATIF DE MANCHE

La plupart des joueurs qui ont tiré leur expérience de la fréquentation des clubs de bridge jouent ce qu'on est convenu d'appeler le 2/1 impératif de manche (soit "deux sur un impératif de manche"). Afin de disposer de plus d'espace pour décrire les mains combinées destinées à la manche, toute séquence 2/1 sans saut sont impératives de manche. Il suit qu'il faut créer alors des enchères pour les mains de 10-11 sans fit. Elles sont, d'une part, annoncées par une première réponse de 2/1, mais rectifiées en redemande du répondant par la répétition de sa mineure ou de 2  en réponse à une ouverture de 1. Cette main montre 10-11 points et cinq ou six cartes dans la couleur. Les mains plus carrées sont décrites par 1SA, dit le sans atout impératif : la réponse d'1SA sur une majeure est artificielle et impérative, elle peut contenir un fit et se situe dans le créneau de 4 à 12 points. Ce traitement, dit du "sans atout forcing" a été créé par deux joueurs bien connus des adeptes sérieux, Alvin Roth et Tobias Stone. Le système Roth-Stone, publié en 1953, démontre à quel point la séquence 1Maj - 1SA, en tant que non impérative, se trouve être très rarement préférable. Les grandes lignes de leur raisonnement tiennent à ceci : l'occurrence de l'opportunité de la séquence tient dans la fréquence d'un doubleton dans la majeure chez le répondant couplée avec des mains combinées incapables de jouer sécuritairement à 2SA et plus ou de trouver un autre contrat au moins aussi favorable qu'1SA. Leur calcul statistique a fourni des résultats probants : on perd clairement plus en gardant cette séquence pour jouer que lorsqu'elle est impérative pour un tour. Notons que la redemande de l'ouvreur dans une autre couleur ne peut contenir que trois cartes s'il s'agit d'une mineure. Un avantage supplémentaire du sans atout impératif consiste dans le fait qu'il porte les adversaires à ne pas intervenir : après le sans atout impératif, on "attend" puisque c'est impératif. L'autre défenseur attend aussi, son partenaire s'étant tu... ! Par bonne mesure, ajoutons une dernière précision du système : 1Maj. - 3Maj. indique un limite (10-11 points) et un fit de quatre atouts; la séquence voisine où le répondant commence par 1SA, puis saute dans la majeure de l'ouvreur, montre le même 10-11 points, mais avec seulement trois atouts cette fois.
 
Donnons-en un exemple :

OUEST                                                 EST

           R42                                                   V9
          AR732                                              5
          D987                                                Rd542
          5                                                       V9532

 

                            1                                                          1SA
                            2 
 
Ce contrat optimal ne pourrait jamais être atteint par les méthodes standards.

Plus encore, cette méthode permet de raffiner la qualité du fit. Illustrons-le.
 

                                                         1SA
2x (autre que 2 )                                   2  : fit 6-7 points

 

                                                         2  : fit avec 8-9 points (ce 8-9 points avec fit
                      s'appelle "constructif").
 

                                                         1SA
2x                                                           3  : 10-11 points avec un fit de trois cartes.

 

                                                         3  : 10-11 points avec un fit de quatre cartes. On notera cependant que la loi des levées totales nous amène à jouer tous les appuis à saut comme des barrages.

 

Cela dit, certaines paires adeptes du 2/1 préfèrent considérer 1 - 2 comme montrant de 6 à 9 points. Leur raisonnement, fruit de l'expérience, consiste dans le fait qu'il devient trop facile pour les adversaires d'insérer une surenchère deux en mineure lorsque le répondant annonce 1SA avec 6-7 points et un fit.

L'inférence majeure du 1SA impératif s'avère intéressante : puisque les réponses de mains contenant de 4 à 12 points sont couvertes par le 1SA impératif, il suit que toute réponse "2/1" (entendons : au niveau de 2 d'une couleur inférieure à celle de l'ouverture) montrera 13 points et plus et sera donc impérative de manche. Les puristes tiennent à une précision : la seule séquence 2/1 non impérative de manche consisterait dans la redemande de sa couleur par le répondant : sa main contiendrait alors 10-11 points avec une couleur cinquième ou sixième. Par exemple, après l'ouverture à 1? par votre partenaire:  

                                     32                                  1                         2 
                                    R86                                 2                         3 
                                    AR765
                                    954

Il reste que cette précision du système "2/1 impératif de manche" compte relativement peu d'adeptes bien qu'elle m'apparaisse légèrement supérieure. La raison de ce choix de la majorité tient à une indigestion de conventions. "Assez de subtilités, jouons au bridge !", semblent-ils conclure.
 
 

LA LOI DES LEVÉES TOTALES
 
Tel que signalé deux paragraphes plus haut, on peut raffiner le système du sans atout impératif (et de son pendant, le 2/1) par l'application de la loi des levées totales. En effet, un des livres les plus marquants du bridge consiste certainement en celui de Cohen, The Law of total Tricks. Ce livre montre le bien-fondé de la découverte d'un Français, Jean-René Vernes. Celui-ci constata que, sauf dans les cas de distributions marginales ou de rares exceptions, le nombre de levées totales disponibles, si chaque paire, à tour de rôle, devait jouer le contrat qui lui convient le mieux, constituerait le cumulatif du nombre total d'atouts de chaque paire. Il suit que chaque paire devrait tendre à jouer au niveau correspondant à son nombre d'atouts. Par exemple, avec un total de 9 atouts, la paire devrait jouer au niveau de 3. En fait, c'est là un estimé quelque peu rudimentaire. L'équation doit tenir compte du nombre d'atouts des adversaires dans leur couleur. Si, par exemple, tout indique que les adversaires ont un fit de 8 cartes et que notre côté jouit d'un fit de 9 cartes, nous serons au plus moins un au niveau de 3. Non vulnérable, c'est une aubaine, car si nous chutons de 1, ils devraient réussir un contrat au niveau de 3.

Dans son deuxième livre, Following the Law, Larry Cohen ajoute quelques précisions à la loi. D'emblée, la plus importante consiste en ceci : il faut soustraire d'une levée le nombre de levées espérées dans le cas où la main contient D et V dans la couleur adversaire : ces cartes produisent généralement une levée en défense, mais pas si on joue le contrat, où il convient de compter ses perdantes. Or, le déclarant finira peut-être par faire une levée avec cette dame ou ce valet, ... mais en attendant, les adversaires auront fait chuter le contrat depuis longtemps! Symétriquement, on s'ajoute une levée si la main est "pure" de ces cartes inutiles en attaque : toutes les cartes sont alors fonctionnelles.
 
L'inférence saute aux yeux : le nombre d'atouts devient prioritaire. Marty Bergen a donc conçu un système pour répondre à cette question. Soit :

1Maj. - 3  : constructif avec quatre atouts (alors qu'une réponse de 2 de la majeure indique un constructif avec trois atouts; la réponse de 1SA forcing suivie de 2 de la majeure indique une main de 6-7 points avec fit). Notons bien que la distribution compte dans l'évaluation - cela inclut aussi la distribution négative puisqu'il y a fit.
 
1Maj. - 3  : limite et mieux avec quatre atouts (alors qu'une réponse de 1SA forcing, suivie d'une deuxième réponse de 3 de la majeure indique un limite avec seulement 3 atouts; alors, une réponse de 3 de la majeure immédiatement devrait servir comme barrage).
 
Dans l'exemple suivant, en réponse à 1, on répondrait 3  avec la main de gauche et 3  avec la main de droite :

A653                 A543
7                       RV74
R942                 5
8764                 V862

Une variante : beaucoup de joueurs de la région de Montréal inversent les deux réponses précédentes. La réponse de 3  montre la main limite alors que celle de 3  indique le constructif. Cette variante est fondée sur le fait que la possibilité de chelem sera plus fréquente sur une main limite que dans le cas du constructif. La réponse de  accorde une meilleure exploration en permettant le cuebid de 3 vers le chelem (ou la manche). Il s'agit d'une légère amélioration.
 
Une alternative à Bergen consiste dans l'utilisation du mini-splinter en réponse. Soit :
 
1 - 3 d'une autre couleur : 0 ou 1 carte dans cette couleur, 4 atouts, et une main évaluée à 10+, distribution négative incluse. De même,
 
- 2, 3, 3  : courte dans la couleur, même principe. On perd ainsi la réponse naturelle de 2, montrant une main de 16 points et plus avec du  remarquable (par exemple, ARVdxx); outre que cette occurrence est rare, on peut, avec ce système de 2/1 forcing de manche, se rattraper. Sans oublier que la réponse de 2 sur 1  se trouve plus rentablement jouée comme une main très faible (3 à 5 points) et cinq ou six piques.
 
Une perte plus significative de cette méthode par rapport aux réponses Bergen consiste dans l'impossibilité de signaler un constructif avec quatre atouts. Sans compter que ce mini-splinter et plus ne rend pas possible l'expression d'une réponse de 8 à 11 points avec quatre atouts dans une main sans singleton. On peut pourtant palier la perte de la réponse constructive : il s'agit d'opter pour un mini-splinter de 8 à 11 points. L'ouvreur peut se dire : "S'il s'agit d'une réponse qui contient effectivement 10-11 points, je suis intéressé à la manche." Il n'a alors qu'à relayer; le répondant s'arrêtera à 3 de la majeure pour indiquer le constructif et continuera vers la manche (en l'annonçant ou en cuebidant) s'il tient la réponse limite. Dans cette perspective, on reviendrait à 3  avec la main de gauche et on sauterait à 4  avec la main de droite :
 

R942                                     R942
Dd73                                   Dd73
D865                                    RV65
8                                           8

On aura peut-être décelé un problème additionnel : comment distinguer la réponse constructive de la réponse limite quand le splinter se trouve immédiatement sous la majeure ? Par exemple, dans la séquence 1  - 3 , la redemande de 3  par l'ouvreur ne révélerait pas s'il veut jouer là ou s'il invite à la manche.
 
Au total, il semble donc que la méthode de Bergen offre un meilleur rendement. Il reste que ce livre entend amener le lecteur à une réflexion la plus fructueuse possible sur le système d'enchères qu'il adoptera.
 
1maj - double saut-changement :
 
a) Si on joue les mini-splinters et plus, cette enchère indique quatre cartes d'atout et une couleur sixième dans le double saut-changement. Donc, léger essai de chelem et mieux.
 
b) Si on joue les sauts comme mini-splinters sans plus, ou si on ne joue pas les mini-splinters, ce double saut-changement constitue un splinter régulier, soit 11 ou 12 points d'honneur et plus, une courte dans le double saut, un fit de quatre cartes, et pas de belle couleur cinquième. Ce dernier point a son importance. La plupart des théoriciens s'entendent pour préférer annoncer d'abord une belle couleur cinquième dans une main de 11 points et plus contenant quatre atouts et une courte. La séquence d'enchères pourrait être la suivante après l'ouverture à 1 et une main en réponse comme celle qui suit :
 

1                 2                                        Vd84
2       4                A75
4       4                                        AD962
                                                                     3

On aura remarqué que l'ouvreur peut se demander comment interpréter le saut à 4  : ce splinter montre-t-il un fit à coeur ou à pique ? Son interrogation n'est en rien embarrassante pour la paire. Ou bien il veut s'arrêter à la manche et il redemandera 4 , sachant que le répondant corrigera à 4 s'il s'agissait d'un fit à pique. Ou bien alors, songeant au chelem, il temporisera en annonçant 4 , attendant la clarification du répondant par 4 de la majeure formant le fit. En somme, l'ouvreur possède maintenant une batterie d'informations : "Mon partenaire possède quatre atouts, il a une belle couleur cinquième et une courte, les deux étant identifiées."
 
Cependant, je me dois de faire une mise en garde sur la loi des levées totales. L'excellent Mike Lawrence a écrit un livre (I fought the Law of total tricks) pour en montrer les limites. Lawrence montre que la Loi ne s'applique en fait que dans 44,6 % des cas. Donc moins de une fois sur deux !

Si bien que la signification la plus efficace des séquence 1M avec réponse de 3m devrait montrer une main limite avec fit et 4 cartes dans la couleur du saut "(Fit Showing"). C'est un prolongement de la demande d'aide. Ainsi, vous vous trouvez bien mieux servi par la connaissance de la couleur d'appui précise que vous apporte le partenaire.  

- 1SA
2x - 2SA : main carrée, 10-11 points.
 
 

- 1SA
2x - 3SA : très beau fit dans la majeure.(v.g. :ARxx). Ne conçoit pas de perdre une levée en atout. Non forcing (3SA est peut-être le meilleur contrat). Si l'ouvreur est intéressé au chelem, il cuebid. Il reste que ce traitement constitue un raffinement que certains n'emploient pas. Pour des raisons tenant de la simplicité et du bonheur de jouer sans encombrer la mémoire, cette redemande à sans atout, pour la plupart des joueurs, est pour jouer, point à la ligne.
 
  

UN PETIT GADGET INTÉRESSANT
 
Peut-être la seule imperfection du SA forcing sur l'ouverture de l en majeure consiste dans le fait, rappelé plus haut, qu'on ne peut alors jouer le contrat de lSA. J'ai trouvé une amélioration à ce problème. Bien qu'elle ne résout que 50% du problème, elle apporte des avantages ailleurs.
 

Soit : Sur l , on répond de la façon suivante :
 

- 1 : artificiel, à-peu-près l'équivalent du SA forcing. Cette réponse doit être alertée. L'ouvreur peut alors annoncer lSA NF.
 

l - 1
1SA - Passe
- 2  : équivalent de la deuxième mineure forcing; cette réponse demande à l'ouvreur de décrire sa main. Elle
promet 10 points et plus.
- 2  : pour jouer.
- 2  : pour jouer. environ 6-7 points, fit.
- 2 : 6-9 points, 6. P.J.

- 2SA : naturel, 10-11, pas nécessairement quatre . Sur cela, 3  est CBS.
- 3  : 6 trèfles, barrage.
- 3  : 6 , barrage.
- 3  : limite à  avec trois atouts.
- 3 : 10-11, 6 (alors que si le répondant passe d'abord par le 2 équivalent de la deuxième mineure artificielle
puis redemande 3, il fait un essai de chelem à ).

- 3SA : 14-15 points, balancé (avec 12-13 balancé, le répondant demande immédiatement 3SA après 1 ; avec
16-17 balancé, il répond 1, puis 2  artificiel sur lSA, puis 3SA ...Toujours PFA  (Principle of Fast
Arrival) !
 
 

- 1SA : montre 6-9 points, quatre à cinq .

NF ! ...Voilà!
 
 

Tout cela est fort efficace. Il reste que les étudiants débutants, et la plupart des intermédiaires, trouvent ce système trop abstrait et paniquent facilement en l'employant. Il est donc rapporté ici comme une porte déverrouillée, qu'on franchira au moment jugé opportun... si ce traitement nous plaît. Nous revenons donc maintenant au standard américain plus "standard".

- 2  : nous avons vu que si on joue le "2/1 impératif de manche", cette séquence doit jouer à la manche. Mais plusieurs joueurs conservent des enchères naturelles, sans complication. Cette réponse 2/1 peut donc montrer aussi peu que 10 points. Voyons la logique mathématique de cette position : comme cette enchère force la paire à jouer un contrat qui requiert 23 points dans les mains combinées (2SA ou 3 d'une couleur) et que, par ailleurs, le déclarant peut avoir aussi peu que 13 points, il suit que la réponse de 2  doit représenter au moins 23 - 13 = 10 points. Elle est donc impérative pour un tour.
 
Le répondant peut-il avoir une majeure quatrième ? Mike Lawrence, divinité de l'Olympe bridgéen, affirme que oui. Il importe d'abord de montrer des points avant la majeure, de rang plus élevé d'ailleurs (donc plus facile à nommer au même niveau). De plus, en nommant d'abord une mineure, présumément cinquième, la majeure nommée par la suite devrait être quatrième (à moins qu'elle soit répétée plus tard dans les enchères). Par contre, si la majeure faisait l'objet de la première réponse, il pourrait se trouver des cas où il est plus difficile de préciser si elle est quatrième ou cinquième. L'exemple suivant résume les deux derniers paragraphes :
 
 

R765             1             2                     DV92
AR7432         2             2                     65
6                    4             5                     A4
A9                  6                                      RDd32

 

Que s'est-il passé ? Branchons-nous sur les pensées de l'ouvreur : "Partenaire, tu as au moins 10 points et cinq trèfles. J'ai une main de 13 points et plus : comme mon enchère est impérative pour un tour (car ou bien nous avons un fit à coeur et tu vas m'appuyer, ou bien tu annonceras 2SA, montrant une main de 10-11 points), je commence par une redemande à coeur, ce qui suggère la possession de six coeurs. - Tu as également quatre piques! Ma distribution commence à prendre de la valeur ! Le chelem n'est pas exclu. En passant vers 4, je vais faire un saut à carreau pour t'indiquer la courte à carreau et un fit à pique. Est-ce que ça t'intéresse ? - Tu as l'A , c'est donc que nous ne perdons rien à carreau. Ce cuebid m'indique aussi que tu as au moins une main d'ouverture. Eh bien ! annonçons le chelem, c'est une réussite probable."
 
 

- 2 
: le déclarant, en plus de ses cinq coeurs, a aussi au moins quatre carreaux. L'enchère est impérative puisque, ou bien il y a un fit, auquel cas le répondant pourra inviter par 3 , ou bien il n'y a pas de fit, et la paire jouera à au moins 2SA ou trois d'une autre couleur où il y a fit.
 
 

- 2 
:
 
 

Voici six des mains que le répondant pourrait avoir :
 
 
 

 1) 

43
42
ARV76 RV95

(3 )

2) 

R43
92
ARV62 d94

(2SA)

 

3) 

AV32
6
ARVd6 RD7

(2)

 

4) 

64
V73
ARV95 R86

(4 )

 

5) 

6
4
ARVd52
A8754

(3 )

 

6) 

R4
72
ARDd93 V75

(3SA)

 

 

                                                             

 
 

- 2 
- 2  : quatrième couleur impérative. Le répondant ne dit rien sur ses piques. Il affirme simplement qu'il ne veut pas s'arrêter avant la manche. L'ouvreur fera alors une troisième enchère qui achèvera de décrire sa main. Par exemple, 2SA signifiera une main 2542 ; 3 , une main 1543 ; 3 , un bicolore 5-5,
 
 

- 2 
: la main est faible - au mieux, un mauvais 16 points. Elle montre normalement six coeurs, mais si vous jouez 2/1 impératif de manche, l'ouvreur ne peut posséder que cinq coeurs s'il a une ouverture de 12-14 points. En standard, l'enchère devrait être considérée comme impérative pour un tour. En effet, ou bien le répondant, avec 10-11 points seulement, a un fit à coeur et il invitera maintenant par 3 , ou bien il a une main carrée et annoncera 2SA (ou encore, n'a-t-il que du carreau, sixième, il redemandera 3 )
 
 

- 2 
: il s'agit d'une inversée (voir la définition par l'index). Cette enchère est absolument impérative de manche. Dans cette séquence, le répondant annoncerait maintenant une majeure quatrième. La main de l'ouvreur pourrait être :

AR72
AV965
RD6
3
 

- 2 
2SA : la signification standard de cette deuxième enchère consiste à montrer de 12+ à 13 points une main de cinq coeurs et (332) dans les autres couleurs. Cette enchère n'est donc pas impérative. Il demeure que le répondant, avec le moindre surplus, ira à la manche (présumément à sans atout). On verra cependant que dans le système dit "2 sur 1", non seulement la réponse de 2 était impérative de manche, mais encore, la deuxième enchère de l'ouvreur de 2SA montrait une main balancée (5(332)) de 15 à 17 points.
 

- 2 
: en Standard Américain, cette enchère n'est pas impérative. Elle montre une ouverture minimale, qui veut tenir les enchères ouvertes, vu la nature illimitée de la main du répondant. Le déclarant montre une ouverture de 12+ à 14-. Une main, en somme, qui ne veut pas se rendre à la manche devant une réponse de 10-11 points.

- 2 
: faisons l'hypothèse que si l'on demandait à 10 paires prises au hasard dans un club, on aurait plusieurs réponses différentes sur la signification de cette séquence. Plus encore, certains partenaires ne seraient peut-être pas d'accord entre eux sur sa signification. Essentiellement, on peut y trouver deux significations cohérentes. Ou bien l'ouvreur montre un bicolore fort en distribution et en points (du type 6-5 et 16 points d'honneur), ou bien il indique un fit à trèfle et une courte à carreau (voir l'entrée "splinter bid" dans l'index). Il est clair que si l'on joue un système (comme le 2/1) où la réponse à 2  est impérative de manche, il ne serait pas nécessaire d'annoncer 3  : il faudrait alors considérer cette enchère comme un splinter. Si, par contre, la réponse de 2   ne peut contenir que 10 points, il suivrait que la séquence
 

- 2 
- 2SA (ou 3 )

 

ne serait pas impérative. Il faudrait donc, alors, considérer le saut de l'ouvreur à 3K après la réponse de 2   comme une façon de signifier au répondant un bicolore impératif de manche. Il ne s'agirait pas, dans cette séquence, d'un splinter bid. En somme, tout dépend du système de base. Si vous jouez que 2 sur 1 n'est pas impératif de manche, le 3  de cette séquence devrait montrer un fort bicolore; si vous jouez 2/1, il s'agit d'un splinter.
 

- 2 
: absolument impératif de manche. L'ouvreur montre six coeurs de qualité et 16 points et plus. Le chelem est loin d'être exclu. Par exemple :  

A7
AR9652
AD8
93
 

- 2 
: clairement un splinter bid. Fit de quatre cartes de trèfle et courte à pique. Un exemple :  
 

8
ADd94
RV3
AR76
 

- 2  : fit de trois ou quatre cartes. 6 à 9 points.
 

- 2 
: cette redemande est techniquement une inversée. Cependant, elle peut être conçue comme artificielle et représenter un essai de courte (voir la notion d'essai de courte dans l'index). Le répondant relaie à 2SA ; l'ouvreur nomme maintenant une couleur où il a un petit doubleton. Le répondant ferme à 3  ou demande la manche à coeur selon que sa main peut gérer mal ou bien ce doubleton. Par concordance, l'essai de courte par 2 artificiel amène l'utilisation d'une redemande à 2SA comme inversée impliquant la possession de quatre piques. Si on ne joue pas les essais de courte, 2 constitue une inversée normale avec quatre piques et au moins 17 points d'honneur ou l'équivalent.
 
On peut aussi jouer l'essai de courte à la manière de Marty Bergen. Le déclarant relaie à 2SA comme ici, mais c'est le répondant qui dit s'il a un doubleton faible. L'avantage de cette méthode réside dans l'ignorance où se trouve la défense de la main déclarante, ce qui rend l'entame plus difficile. Le complément de Bergen est, me semble-t-il, à la fois sous-estimé et sous-employé : toute nouvelle couleur par l'ouvreur (à part le saut montrant un bicolore) indique un singleton chez l'ouvreur. Ainsi :

                              OUEST                                                  EST

7                                                         654
ARD95                                                Vd8
DV52                                                   A63
R32                                                      DV85

                                                          2 
2                                                           4 

 

La connaissance du singleton de son partenaire a permis à Est de réévaluer sa main en conséquence.
  

- 2 
, 3  : il s'agit donc encore d'un singleton chez l'ouvreur si on joue le système de Bergen décrit quelques lignes plus haut. Autrement, en standard ordinaire, nous avons ici un essai de longue (voir la notion d'essai de longue dans l'index). l'ouvreur nomme ainsi une couleur trouée de trois ou quatre cartes où il voudrait avoir de l'aide pour jouer à la manche : le répondant a-t-il ce qu'il faut en carte(s) d'honneur dans cette couleur pour la rendre assez consistante et suffisamment imperméable aux attaques de l'adversaire ? Si oui, il demandera la manche. Les deux mains suivantes l'illustrent :
  

OUEST                                                      EST

RD6                                                      A93
ADV75                                                 d92
R542                                                     983
3                                                           RV54

                                                            2 
                                                            3   

Même si le répondant est maximum (8 sur un écart de 6 à 9), les mains se marient mal. Si, par contre, Est avait entendu l'ouvreur demander de l'aide à trèfle, sa main aurait pris de la valeur. Non seulement à cause du support à trèfle, mais parce que le déclarant serait probablement assez court à carreau, une couleur molle chez le répondant.
 

- 2 
: on peut concevoir cette séquence de deux façons. Ou bien c'est une tentative de manche avec demande portant sur la qualité des coeurs du répondant (ceux de l'ouvreur étant quelque peu moches); le répondant ira à la manche avec de beaux coeurs. Ou alors, on fait de cette séquence un essai de longue à pique. Certaines équipes optent pour une autre solution. Elles sacrifient la redemande de 2SA pour montrer une inversée à pique, jugeant que le fit trouvé rend passablement superflue l'annonce de la possession de quatre piques. Elles utilisent cette redemande comme essai de longue à pique et conservent 3  comme demande d'aide en atout. J'ai même vu le système suivant : l'inversée de 2 est ici une inversée à moins que la redemande suivante du déclarant soit 3 , auquel cas c'était un essai de longue à pique.

On comprendra que toutes sortes de variantes s'offrent à la paire pour effectuer des essais de longue et des essais de courte. Chacun s'y prendra selon ses goûts, y compris celui de ne pas utiliser ce traitement.
 

- 2  : réponse rare. Aux joueurs qui auraient quelque doute sur l'occurrence faible de cette réponse, je demande : "C'est quand la dernière fois que t'as été témoin de cette séquence ?" Elle devrait montrer au moins 16 points et du très beau pique - au moins six cartes pouvant jouer devant un petit doubleton, et même un singleton. Par exemple : ARDd98 ou ARV8742. La séquence est donc à l'évidence impérative de manche et constitue un essai de chelem. Il reste qu'on peut concevoir cette réponse comme un barrage : cinq ou six cartes de pique avec deux honneurs, et rien d'autre dans la main. Par inférence, la séquence composée d'une première réponse d'1 et suivie d'une redemande de 2 par le répondant indiquerait 6 à 9 points, six piques. Le barrage recèle l'avantage d'une description très précise. On n'y perd à peu près rien, la main forte pouvant être décrite en passant par la quatrième couleur impérative ou d'autres séquences. Cette réponse faible, de type barrage, devrait être clairement privilégiée sur l'acceptation forte de l'enchère. Quiconque a acquis une véritable expérience du bridge en conviendra immédiatement.
 

- 2SA : en standard, cette enchère est impérative de manche et exclut le fit. Le répondant a une main d'ouverture balancée. Quelques rares équipes jouent une variante : elles conçoivent cette réponse comme un limite balancé. Les paires qui veulent se raffiner pourraient adopter le "2SA Jacoby", créé par le même Oswald Jacoby qui a conçu les "transferts Jacoby" (voir l'ouverture à 1SA). Jacoby trouve beaucoup plus utile d'employer la dite réponse pour montrer un fit impératif de manche; elle sert à interroger l'ouvreur sur la possession d'un singleton ou d'une absence. Si l'ouvreur n'en a pas, il demandera la manche à coeur, ou 3 pour indiquer une main sans singleton d'un beau 18 points à 21 points, ou de 3SA avec 16-17, en vue d'un chelem éventuel. Voici donc une réponse de 2SA à une ouverture à 1  : la main de gauche constitue une réponse standard ; la main de droite représente le 2SA Jacoby

 
                 R96                                      A4
                Vd3                                      Vd63
                AR5                                     AR5
                DV87                                   DV92

Comme la séquence est impérative de manche, la réponse de gauche ne garantit pas de fit; elle affirme seulement que la main est carrée (elle ne pourrait contenir que deux coeurs) et qu'elle compte au moins un beau 12 points. C'est à la redemande que le répondant annoncera  s'il en a trois ou quatre.
 
Une modification créatrice à cette enchère consiste à la considérer... comme le standard le fait ! Cette théorie vient de Fred Gitelman, de Toronto. Les joueurs intéressés à lire ce texte remarquable le trouveront dans l'édition de septembre 1997 de l'excellente revue de bridge Cartes sur table, dont tout joueur de bridge québécois devrait être fier. Le Texte de Gitelman a été traduit par Marc Fiset et Gérard Côté.
 
Le principe de Gitelman consiste en ce que le 2/1 impératif de manche sur l'ouverture en majeure s'avère imprécis en ce que le répondant peut n'avoir que trois cartes dans la mineure. Cette situation peut causer des problèmes à l'ouvreur. Le développement de la séquence ne lui permet pas de saisir toujours avec autant de précision qu'il le voudrait la main du répondant. Si la main est carrée, pourquoi ne pas conserver l'ancienne réponse de 2SA, impérative de manche. Le répondant dira en redemande s'il a un fit ou non. Par inférence, toute réponse en mineure montre maintenant cinq cartes. Ajoutez à cela quelques traitements spécifiques : si le répondant répète sa mineure, il y compte au moins deux honneurs majeurs; de même, si l'ouvreur donne le fit dans cette mineure, il implique y posséder au moins un honneur majeur. Cela peut signifier aussi peu que Dx. L'objectif principal consiste à montrer l'honneur majeur. De même encore, l'enchère de 3SA, une fois le fit en majeure agréé, devient une demande de cuebid (A ou R). Notons enfin que dans la foulée de cette méthode, un retour par l'ouvreur dans sa majeure n'indique pas une main faible, mais simplement le désir de garder les enchères basses. La couleur n'est pas nécessairement sixième. Les autres options de l'ouvreur sont les suivantes : annoncer une couleur de quatre cartes, sauter à 3SA pour montrer une ouverture minimale (5332), donner le fit dans la mineure du répondant. L'idée de Gitelman est simple. Plusieurs mains combinées minimales produisent quand même un chelem. Voici des mains qui témoignent de la qualité discriminante du système de Gitelman.  
   

                                            ADV32                             R654
                                            A2                                     RD
                                            R432                                 ADV65
                                            D2                                     V2  
 

                                            1                                     2 
                                            3                                     3
                                            3SA                                   4 
                                            4
 

Ouest s'est rendu compte, par sa demande de cuebid par 3SA, que son partenaire n'avait ni A  ni R . Toute velléité de chelem vient de s'envoler. Considérons maintenant deux mains de même force.
 

                                                AVd32                                     RD4
                                                RV2                                           543
                                                2                                                ARDV43
                                                D432                                         A  

                                                1                                                 2 
                                                2                                                 3
                                                4                                                 4SA
                                                5                                                 6  
 

Tout beau, direz-vous. Voilà des mains pas si mal. Était-il si difficile de trouver le chelem ? Alors, considérez cette main jumelle :  

                                AVd32                                         RD4
                                D982                                             543
                                2                                                    ARDV43
                                RV2                                               A  

                                1                                                 2
                                2                                                 3
                                4                                                 4
                                4
 

L'ouvreur est passé à la fois par-dessus 3SA : il refuse donc de demander de cuebider. De plus, il passe par-dessus , niant par là A  et R . Rideau.
 
- 3  : tel qu'indiqué quelques paragraphes plus haut, la loi des levées totales (se référer à l'index) utilise cette réponse pour décrire un appui "constructif" (8-9 points) de quatre cartes dans la majeure. Si on préfère oublier Bergen, la réponse de 3  dans cette séquence suppose une main d'au moins 16 points avec du trèfle sixième et plus et d'une qualité remarquable.
 
- 3  : le complément de l'enchère précédente : limite avec quatre atouts. J'ai fait état quelques paragraphes plus haut du raffinement apporté par quelques experts montréalais qui inversent la signification des deux dernières séquences : la réponse à 3  sur une ouverture en majeure montre la main limite avec un fit de quatre atouts parce que le chelem, devant une ouverture forte, est plus possible qu'avec un constructif. Il suit qu'il est alors préférable d'avoir plus de place pour explorer : le cuebid de 3  pourrait s'avérer utile. Pourquoi s'en priver ? Dans la vraie vie, cet avantage se matérialisera une fois par année environ. Il reste qu'il est satisfaisant d'opter pour le système le plus logique possible. Encore ici, si on préfère ne pas utiliser Bergen, la réponse de 3  à une majeure montre 16 points et plus et au moins six carreaux de grande qualité.
 
- 3  : dans le premier standard, celui de la décennie 60, cette séquence montrait chez le répondant un fit avec une main d'ouverture. Elle était donc impérative de manche. Plus tard, surtout sous l'influence bénéfique d'Eddie Kantar, la majorité des joueurs fréquentant les clubs ont opté pour la valeur limite de cette enchère (10-11 points avec fit). Si on opte pour la philosophie des levées totales, qui vient d'être touchée dans les paragraphes précédents, on utilise l'appui à saut en majeure comme un barrage (voir à l'index la loi des levées totales pour une perspective plus complète). Les trois mains suivantes expriment des réponses à 1 , montrant le fit et contenant respectivement une main d'ouverture, un limite et un barrage :
 
 

 1)

A43
AD6
D52
Rd87

 

2)

d8
R74
A932
RV65

 

3)

63
R954
82
V8732


 

- 3, 4 , 4  : ces réponses sont des splinters.

- 3SA : en standard, cette enchère montre 16-17 points et un (4333). Les joueurs d'expérience n'éprouvent généralement pas d'enthousiasme délirant pour cette réponse, considérant qu'ils peuvent décrire cette main de bien d'autres façons. Il existe donc deux variantes plus sophistiquées à cette réponse. Soit qu'on a un beau fit avec une main légèrement en deçà de l'ouverture, mais contenant une belle couleur secondaire, apte à faire beaucoup de levées. Ou alors, on n'a pas de fit, mais une très belle couleur riche en levées. Ces deux traitements produisent des manches dites rapides : si l'entame n'est pas trop dévastatrice, la paire se sauve avec son contrat; si, par contre, l'entame est défavorable, on peut chuter de plus d'une levée...
 

- 3SA
: constitue une demande de description. Vous indiquez les carreaux par 4  et les trèfles par 4 . Certains joueurs préfèrent l'emploi systématique de l'enchère correspondante au rang des couleurs. Soit : 4 correspond à la plus faible des couleurs possibles, soit le trèfle; 4  correspond donc à l'autre couleur possible, plus forte en rang que trèfle, soit le carreau. Si vous jouez cette réponse comme standard, soit une main de 16-17 points, contenant exactement deux de la majeure d'ouverture et trois de l'autre majeure, soit, ici, deux coeurs et trois piques, la redemande à 4 devrait être prise comme Gerber ( voir l'index - demande d'as à 4 utilisée dans les séquences après les ouvertures ou redemandes à sans atout).
 
 

- 4  : fit de cinq ou six cartes. Beaucoup de joueurs fixent la main du répondant à 6-9 points. Dans l'esprit de la loi des levées totales, on devrait élargir ce créneau de 0 à 9, en tenant compte cependant de la vulnérabilité. Il est particulièrement incorrect d'attribuer à la réponse la force d'ouverture . L'ouvreur, avec une belle main, ne saura jamais si son partenaire a une main faible ou la main d'ouverture, et ne pourra prendre une décision éclairée sur la tentative de chelem. La réponse avec main d'ouverture et fit peut se décrire de bien d'autres manières. Si vous êtes NV (non vulnérable) et que votre partenaire ouvre à 1, il n'y a aucune raison valable pour ne pas vous propulser à 4 avec :

d9863
V4
5
76532

 

changez la main d'une carte et le barrage à 4 devient moins évident : transformez le 2 en 2 , et vous avez une main sans singleton, c'est-à-dire une main plus lente. Le principe est simple : avec ce genre de main, soyez beaucoup plus prudent pour jouer du barrage au niveau de quatre, surtout si vous êtes vulnérable.
 

- 4SA : demande d'as. Voir Blackwood dans l'index.
: 13-21, cinq piques et plus. Les séquences sont semblables à celles de l'ouverture d'1 , mutatis mutandis. Sauf la séquence suivante :  

1 - 2  : cinq coeurs, 10 points et plus. On notera que le système 2/1, décrit à l'ouverture d'1 , considère que, dans la présente séquence, la réponse de 2 peut contenir aussi peu que 10 points. Elle n'est donc pas différente en cela du standard. Il demeure que plusieurs adeptes du 2/1 préfèrent considérer la réponse de 2 comme impérative de manche. Cela m'apparaît une erreur : les mains en réponse de 10-11 points avec cinq coeurs sont difficiles à décrire efficacement sur l'ouverture d'1 quand on joue cette dernière variante. On ne les distinguera pas facilement des mains plus faibles avec cinq ou six coeurs. Un traitement intéressant consiste à décrire les mains de 10-11 points contenant cinq coeurs par le relais du 1SA impératif. Conséquemment, la réponse directe de 2  devient tout à fait impérative de manche.

Voici maintenant un tableau qui résume l'ouverture de 1 en majeure : 

 

  RÉPONSES APRÈS OUV. DE 1MAJ.

REDEMANDE DE L'OUVREUR

REDEMANDE DU RÉP.

1 : 4+ piques, 6+ points, impér.

1SA : 13-14, 5(332) ou 25(42)

2Min. : 13-17 points, 4+cartes

2 : 13-15, 6 coeurs

2 : 13-15, 4 piques (qqfois Dxx et mieux à pique)

2SA : 18-19, 5(332) ou 25 (42)

3 , 3 : 18+-21, quatre+ (qqfois trois) de la min., impér. de manche (peut-être trois piques)

3: 6 ou 7 coeurs, 16-17

3 : 4 piques, 16-17

3SA : 13-15 et ARDxxxx à coeur 4Min. : splinter

réponses selon la redemande de l'ouvr. Sur sa redemande de 1SA, 2 est check-back Stayman : 10+ points et 5+ piques, impér.

1SA : 6-10-, pas de fit, assez balancée

2Min. : pas d'intérêt à sans atout, non impératif

2: 13-15, six coeurs

2 : inversée

2SA : 16-17, balancé, invite.

3Min. : impér. de manche. N'exclut pas d'aboutir à 3SA.

3: 16-17, six coeurs.

3SA : coeurs solides (ARDxxxx). Cherche à voler 3SA.

4: p.j.


2Min. : 10 points et plus, naturel. Peut avoir une maj. quatrième.

Après une réponse de 2 , 2 par l'ouvreur est naturel et impératif pour un tour.

2 montre 13-15 et normalement six coeurs.

2 : inversée

2SA non impératif; 3 de la min. invite.

4 de la min. est un essai de chelem.


2 : 6-9, fit de 3 ou 4 cartes sur 1; sur 1, montre 10+ et cinq coeurs .

si fit, passe avec 13-15;demande la manche;invite par 3 de la maj. ou essai de longue ou de courte.

après 1/2, 2 et 2SA sont non impér.


2 : sur , très belle coul. au moins sixième, 16+;sur 1, montre fit de 3 ou 4 cartes et 6-10-.



2SA : carré, 13-15 ou 18+, peut-être un fit.

3 : CBS


3Min. : très belle coul. au moins sixième, 16+. N'exclut pas le fit à .



3: après 1, montre un limite; après 1, indique très belle coul. au moins sixième,16+



3 : sur 1 , splinter; sur 1, limite.

3SA : 16-17, (4333); 4Min. : splinter

 

1M X

Il s'est développé, depuis la fin du XX' siècle, un système de réponses particulièrement brillant après 1 en majeure contré.
Malheureusement, ce système est mal connu. Il se nomme "Transferts Cappelletti". À ne pas confondre avec la convention
de Cappelletti contre 1SA. L'idée est simple. En utilisant les transferts comme réponses, on peut décrire une quantité
impressionnante de mains.

Voici donc :

Transferts Cappelletti (sur 1M X)

Sigles : 1M = 1 en majeure ; FM : forcing de manche ; F1 : forcing pour un tour.

Que faire après 1M (X) ? En somme, votre partenaire ouvre d’une majeure et votre FD contre. L’idée, c’est d’utiliser les transferts, comme si le partenaire avait ouvert 1SA. Sauf qu’il y a des nuances, comme on le verra . Rappelons également
l’avantage des transferts : si la main qui a transféré demande une deuxième couleur, les deux couleurs sont connues à un bas niveau.

Par exemple :

1 (X) 2 (= transfert à ) 2 : F1 (= forcing pour 1 tour). L’ouvreur connaît déjà 2 couleurs du répondant et nous sommes encore au niveau de 2 ! (dans la plupart des séquences, cependant, nous serions au niveau de 3, ce qui est tout à fait acceptable vu que deux couleurs sont connues – avec les points en conséquence évidemment. Mais l’essentiel est sauf : le répondant a affirmé un fit. La deuxième couleur ne sera pas passée).

Voyons donc les séquences après 1M (X)

1M (X) 2 de la M : Fit pas fort ! Entre 2 et 6 points. Si 2 points, dame d’atout.

1 (X) 1 : peut-être seulement 4 piques, mais alors avec de la qualité. F1

1M (X) 1SA : transfert à ou alors 8-9 points et 2 cartes dans la majeure du P. Sur le relais à 2 , si le répondant demande une autre couleur, il avait 2 de la majeure et cette couleur cinquième. S’il avait vraiment du trèfle, le répondant aurait pu n’avoir pas plus que RVdxxxx. S’il revient à 2 de la M, il pourrait avoir aussi du .

1 (X) 2 Transfert à . Si le répondant revient à , il montre 5 carreaux et 3 atouts. Sur le retour à de l’ouvreur, le répondant peut continuer selon la force de sa main.

1 (X) 2 constructif à cœur (8-9) et mieux. Si limite et mieux, montre 3 atouts. Voir la séquence suivante.

1 (X) 2SA limite et mieux, 4 atouts (convention de Jordan)

1 (X) Saut-changement : 4 atouts, 5 de la couleur, limite et mieux. Par exemple, 3 montre 5 carreaux, 4 cœurs et au moins un beau 10 points.

1 (X) XX : «Redouble implies no fit». 10+, orienté nettement vers la pénalité. L’ouvreur doit contrer tout ce qui bouge. À moins que, V contre NV, il croit que les adversaires contrés ne chuteront pas plus que 3 (500) alors qu’il estime que sa paire a une manche (600+).

Même traitement, par analogie, sur l’ouverture de 1 contré. Ainsi, 1 (X) 2 est un constructif et mieux à pique avec 3 atouts.

1M (X) double-saut changement. On pense tout de suite au splinter bid. Pourtant, dans cette séquence, l’annonce d’une courte dans une des couleurs vraisemblablement quatrième chez le contreur pourrait mener à un sacrifice utile par les adversaires si le par-tenaire du contreur a un solide fit dans cette couleur. En effet, si le répondant de l’ouvreur n’a qu’une carte dans une couleur et l’annonce par splinter, pourvu que cette convention soit appropriée par ailleurs, il reste 12 cartes dans la couleur répartie entre trois joueurs. D’où la probabilité d’un fit, voire d’un bon fit, chez les adversaires. Le double saut-changement doit donc montrer un fit de cinq cartes et une longue au moins cinquième dans la couleur du saut-changement. Cette enchère n’est pas un barrage à proprement parler ; disons plutôt que c’est une main très offensive. Devant certaines distributions, la paire trouvera un chelem avec peu de points Par exemple,

AR762 8764 R43 A en face de 87543 5 ADV82 52

1                            4
5                            5
6.  Avec une absence à , le répondant cuebidera 6, et alors, l’ouvreur ira à 7. Sinon, ce sera, comme ici, 6 par le répondant. Avec 21 points dans les mains combinées.

1M (X) 4 de la majeure : barrage

Mais alors, que faire avec une main carrée, avec seulement 2 atouts, et de 6-7 points ? Passez. Si les enchères finissent là (fort peu probable), vous aurez un probablement un bon score. Sinon, vous aviserez selon le déroulement des enchères.

En résumé :

Tout est transfert, sauf le saut changement et le double saut-changement.
Transfert avec un sens ambivalent pour une réponse à 1SA.
– On peut distinguer, pour les mains limites et mieux, le fit à 3 atouts ou 4 atouts.
Le saut-changement et double-changement assurent un fit de 4 cartes (5 cartes pour le double-saut changement).
La main carrée sans fit de 6-7 passe. Elle avisera plus tard selon les enchères.
Le répondant surcontre avec 10+ sans fit.

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